Les températures estivales dilatent les vaisseaux sanguins, augmentant les risques de crises hémorroïdaires. Le Dr Laurie Chanut, gastro-entérologue à la clinique du Palais à Grasse, explique comment soulager ces troubles et quand consulter.
Constipation : la cause principale à traiter en priorité
« Le premier des traitements consiste à régler les problèmes de transit », insiste le Dr Chanut. Pour prévenir les crises, il recommande de boire 1,5 à 2 litres d'eau par jour afin d'hydrater les selles. L'alimentation doit être riche en fibres, fruits et légumes, car « les fibres apportent du volume et de l'eau dans les selles, ce qui évite qu'elles ne soient trop dures ». Il faut limiter les plats épicés et l'alcool.
L'activité physique, même la marche, stimule le péristaltisme intestinal. En revanche, la station assise prolongée bloque le retour veineux. Aux toilettes, l'utilisation d'un marchepied permet de relever les pieds et d'ouvrir l'angle du canal anal, évitant ainsi de forcer.
Pendant la crise : froid et traitements locaux
Appliquer du froid en bain de siège ou avec un pain de froid enveloppé dans un torchon pendant 10 à 15 minutes soulage la douleur et l'inflammation. Si les troubles persistent ou s'il s'agit d'une première crise, il est conseillé de consulter un généraliste ou un gastro-entérologue. « Il est très fréquent de confondre les hémorroïdes avec d'autres pathologies comme la fissure anale, dont la prise en charge et le traitement sont différents », prévient le Dr Chanut.
Les médicaments prescrits incluent des laxatifs pour la constipation, des antalgiques, des crèmes ou suppositoires anti-inflammatoires et anesthésiants, ainsi que des veinotoniques pour favoriser le retour veineux. Ce traitement dure généralement 7 à 10 jours.
Interventions instrumentales et chirurgicales
En cas d'échec des traitements médicamenteux, des options instrumentales existent. La photocoagulation infrarouge utilise un laser pour brûler superficiellement les hémorroïdes internes, tandis que la ligature élastique consiste à poser un élastique autour de l'hémorroïde, qui se nécrose en 2 à 3 semaines. Ces traitements ont une efficacité de 50 à 70 %.
Pour des résultats plus pérennes, la chirurgie sous anesthésie est envisagée. La radiofréquence brûle les hémorroïdes internes avec une aiguille. La ligature Doppler suture la veine irriguant l'hémorroïde. L'opération de Milligan et Morgan retire physiquement les hémorroïdes : « C'est le traitement le plus efficace, avec un taux de réussite de 90 %, mais aussi le plus invasif et douloureux », explique le Dr Chanut. Il nécessite 2 à 3 semaines d'arrêt.
Symptômes : internes vs externes
Les hémorroïdes internes se manifestent par des saignements de sang rouge vif, non mélangé aux selles, rarement douloureux. Les hémorroïdes externes provoquent douleur, petite boule externe et démangeaisons. Un Français sur deux de plus de 50 ans a connu au moins un épisode. Chez la femme enceinte, elles apparaissent souvent en fin de grossesse ou après l'accouchement.
Des symptômes comme des saignements abondants et spontanés ou des douleurs persistantes malgré le traitement doivent pousser à consulter pour écarter des causes graves, dont un cancer.



