La cocaïne s'impose comme un carburant empoisonné pour de nombreux jeunes cadres, révèle une enquête du Monde. Un tiers des cadres de moins de 35 ans auraient déjà consommé de la cocaïne au moins une fois dans leur vie professionnelle, selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) citée dans l'article.
Un phénomène banalisé dans le milieu professionnel
Le rapport souligne que la cocaïne est perçue comme un outil de performance dans certains secteurs, notamment la finance, le conseil et les start-up. "On veut que tu sois bon, mais personne ne veut savoir comment tu y arrives", témoigne un ancien consultant de 28 ans, sous couvert d'anonymat. Cette pression constante pousse certains à recourir à la drogue pour tenir le rythme.
Selon l'enquête, 15 % des cadres interrogés admettent avoir consommé de la cocaïne lors d'événements professionnels, comme des soirées ou des séminaires. La substance est souvent qualifiée de "drogue de travail" par les utilisateurs.
Des conséquences sanitaires alarmantes
Les experts alertent sur les risques : dépendance, troubles psychiques, et accidents cardiovasculaires. Le Dr. Laurent Karila, psychiatre addictologue à l'hôpital Paul-Brousse, explique : "La cocaïne augmente la vigilance et la confiance en soi à court terme, mais elle provoque à long terme de l'anxiété, de la paranoïa et une dépendance sévère."
L'OFDT note une augmentation de 40 % des hospitalisations liées à la cocaïne entre 2015 et 2025 chez les 25-35 ans. Le nombre de décès par overdose a également doublé sur la même période.
Un tabou persistant en entreprise
Malgré l'ampleur du phénomène, le sujet reste tabou dans les entreprises. Peu de sociétés mettent en place des politiques de prévention ou d'accompagnement. "Les cadres craignent de perdre leur emploi ou leur crédibilité s'ils avouent leur consommation", souligne l'article.
Certaines initiatives émergent toutefois, comme des cellules d'écoute anonymes ou des formations pour les managers. Mais elles restent rares. L'enquête appelle à une prise de conscience collective pour briser le silence et protéger la santé des jeunes professionnels.



