Chronique satirique : catastrophe, TotalEnergies et radioactivité en Béarn
Chronique satirique : catastrophe, Total et radioactivité

À la guerre comme à la guerre

À quoi reconnaît-on une véritable catastrophe ? Peut-être à la façon dont les pouvoirs publics en parlent, eux qui d’ordinaire usent d’un vocabulaire rond et policé. En ce sens, le communiqué commun rédigé par le directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, Benoît Elleboode, et le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Girier, au sujet du désastre de la Polyclinique Pau Pyrénées, avait quelque chose d’iconoclaste.

Pour rappel, la direction de la polyclinique, le groupe GBNA Santé, a annoncé jeudi 7 mai son plan de redressement, impliquant la fermeture de la polyclinique de Marzet, celle de la maternité de Navarre, la fin des gardes de nuit aux urgences et 161 emplois menacés. « Les décisions stratégiques et opérationnelles prises par votre groupe engagent directement l’accès aux soins d’un bassin de population de près de 450 000 habitants et l’avenir professionnel de vos salariés », tonnent les représentants de l’État, pour qui GBNA devra assumer ses choix de gestion « devant le tribunal et devant le territoire ». En attendant, le paysage de santé palois a plus une tête de juin 40 que d’un 8 mai 1945…

100 patates

Le patron de TotalEnergies n’a pas fait le voyage pour rien, lundi, en Béarn. Patrick Pouyanné est venu cajoler les troupes du centre technique Jean-Féger, inquiètes de voir un autre centre se développer en Inde. Il leur a également confirmé l’investissement de 100 millions d’euros dans la cinquième génération du supercalculateur Pangéa. C’est une somme, 100 millions. Parlez-en aux salariés de la Polyclinique Pau Pyrénées qui voient leur direction licencier 161 personnes pour 5,2 millions de déficit.

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None of your business

Comme à son habitude, Patrick Pouyanné a également répondu sans s'échapper aux sujets du moment. Les taxes sur les superprofits de la compagnie ? Faites, mais dans ce cas oubliez le plafonnement des prix de l’essence. Le plan d’investissement dans les Terres rares lancé par le gouvernement à Lacq, mardi ? Pas mon domaine. La quatrième tribune du stade du Hameau ? Mon métier n’est pas de construire des tribunes. Allez, une dernière : le projet de biocarburants porté par Elyse Energy sur le bassin de Lacq ? « Si la transition énergétique n’est pas abordable, il n’y aura pas de transition énergétique. » D’autres questions ? Merci, ça ira.

Duverdier Cap ou pas capitale ?

Savante découverte que celle des archéologues de l’Inrap, qui ont mis au jour, à cheval sur les villages de Labastide-Monréjeau et Labastide-Cézéracq, des vestiges d’une ancienne grande ville enfouie sous terre depuis plus de 2 000 ans. Si grande et comportant des objets indiquant un grand développement, qu’il pourrait s’agir de la première capitale du Béarn, un titre jalousement gardé jusqu’ici par Lescar. Qui sait, peut-être apprendra-t-on demain que sous Lourdios-Ichère se cache une ancienne mégapole et, soyons fous, peuplée d’extraterrestres de surcroît ? Voilà qui aurait le mérite d’expliquer Jean Lassalle…

Sans nuage

Des précisions sur le communiqué de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioactivité qui pointait le 64 comme un département un poil plus concerné que la moyenne par la radioactivité. La communication intervenait à l’occasion des 40 ans de la catastrophe de Tchernobyl, si bien qu’on pensait que cela avait engendré ceci. Mais que nenni : la radioactivité (infime) mesurée dans le sol béarnais est surtout le fait de rejets liés aux essais nucléaires américains et soviétiques dans les années 1950-60. Les résidus ont fait le tour du monde avant de choisir le 64 à l’occasion de pluies régulières. Pas besoin de Tchernobyl quand on a les Pyrénées…

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Orage, ô désespoir

L’Adelfa, l’association qui propose aux agriculteurs des solutions pour lutter contre les orages de grêle, si dévastateurs pour les cultures – et ce n’est pas fini puisqu’il a été démontré que le réchauffement climatique avait pour effet d’intensifier ces phénomènes ainsi que leur fréquence –, a vu arriver des nuages bien noirs dans son horizon. Car le principal composant des machines anti-grêle, l’iodure d’argent, a vu son cours s’envoler ces derniers temps, en même temps que la matière première (l’argent, donc), qui a pris un sacré coup de pied au derrière : + 147,09 % en un an. Voilà de quoi phosphorer de nouveau sur l’expression « le temps c’est de l’argent ».