Près de 70 cas autochtones de chikungunya, de dengue et de virus du Nil occidental ont été identifiés en France métropolitaine, selon un bilan de Santé publique France. Ces infections, contractées sur le territoire national sans voyage préalable dans une zone à risque, marquent une progression notable des arboviroses dans l'Hexagone.
Un bilan en hausse pour les trois maladies
Santé publique France a recensé, au 26 août, 68 cas autochtones de chikungunya, de dengue et de virus du Nil occidental. Ce chiffre, qui dépasse les bilans des années précédentes à la même période, confirme une dynamique inquiétante liée à l'installation durable des moustiques vecteurs, notamment le moustique tigre (Aedes albopictus).
La dengue représente la majorité des cas, avec 45 infections autochtones. Le chikungunya suit avec 15 cas, tandis que le virus du Nil occidental, transmis par les piqûres de moustiques du genre Culex, a été détecté chez 8 personnes. Ces chiffres, communiqués par l'agence sanitaire, sont susceptibles d'évoluer dans les prochaines semaines, la saison de transmission n'étant pas terminée.
Des foyers localisés dans le sud de la France
Les cas autochtones se concentrent principalement dans les régions du sud de la France, où le moustique tigre est implanté de manière durable. Des foyers ont été identifiés dans le Var, les Alpes-Maritimes, le Gard et l'Hérault. Le virus du Nil occidental, également présent en Camargue et autour de l'étang de Berre, touche surtout les chevaux et les oiseaux, mais peut se transmettre à l'humain par piqûre de moustique.
Selon Santé publique France, ces foyers sont surveillés de près. Des opérations de démoustication sont menées autour des cas pour limiter la transmission. Les autorités sanitaires rappellent l'importance de se protéger des piqûres, notamment en portant des vêtements longs et en utilisant des répulsifs, surtout en journée pour le moustique tigre, et au crépuscule pour les Culex.
Un phénomène en expansion lié au climat et aux déplacements
L'augmentation des cas autochtones s'explique par plusieurs facteurs. Le réchauffement climatique favorise l'expansion géographique du moustique tigre, désormais présent dans plus de 70 départements français. Les déplacements de personnes infectées depuis des zones d'endémie, comme les Antilles ou l'Asie du Sud-Est, introduisent régulièrement les virus dans l'Hexagone, où ils peuvent ensuite circuler localement.
Santé publique France souligne que cette situation n'est pas exceptionnelle, mais qu'elle s'intensifie. En 2022, une épidémie de dengue avait déjà touché plusieurs régions du sud de la France, avec plus de 60 cas autochtones. Cette année, le bilan précoce suggère une transmission active, sans qu'il soit possible de prédire l'ampleur finale de la saison.
Des recommandations renforcées pour la population
Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent à la vigilance. Les personnes présentant des symptômes évocateurs (forte fièvre, douleurs articulaires, maux de tête) après une piqûre de moustique sont invitées à consulter rapidement un médecin. Les voyageurs revenant de zones à risque doivent également surveiller leur état de santé pendant deux semaines après leur retour.
La lutte contre les moustiques repose aussi sur la suppression des eaux stagnantes autour des habitations, où les larves se développent. Les autorités rappellent que ces gestes simples, combinés à la démoustication ciblée, restent les meilleurs moyens de limiter la propagation. Le bilan définitif de la saison sera communiqué à l'automne par Santé publique France, qui poursuit sa surveillance épidémiologique.



