Le 24 août en soirée, plusieurs grues du quartier Port Marianne à Montpellier se sont éclairées et ont émis un signal sonore, suscitant l'inquiétude de certains habitants. Selon un interlocuteur de la section Hérault de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), ce dispositif indique que les engins se sont mis en sécurité automatiquement, sans aucun risque pour les riverains.
Une mise en sécurité automatique déclenchée par le vent
Géraldine, lectrice de Midi Libre, a observé le phénomène depuis son immeuble. "En soirée, pendant les orages violents, les lumières des énormes grues plantées face et proche des immeubles se sont allumées. Il y a eu comme une sonnerie, une alarme", raconte-t-elle. "Est-ce que cette sonnerie s'adressait aux habitants du quartier, est-ce que cela prévient d'un danger ? On a cherché partout sur Internet et ChatGPT, mais aucune réponse ne nous a rassurés…"
Contacté, un représentant de la FFB Hérault se veut rassurant : "Ça n'a rien d'inquiétant, c'est un signal de prévention pour les ouvriers. À vrai dire c'est même rassurant. Cela veut dire que l'anémomètre, qui mesure la vitesse du vent, a détecté que la limite avait été dépassée, et a donc déclenché la mise en sécurité." Le voyant observé, "généralement orange ou rouge", signale que la grue s'est mise en sécurité.
Seuil de 72 km/h et mise en girouette
Cette mise en sécurité intervient dès que le vent atteint 72 km/h. "Peut-être qu'un couloir de vent s'était formé, même si de l'extérieur, le vent ne paraissait pas aussi puissant", ajoute le représentant de la FFB. Dans cette situation, la partie tournante de la grue s'oriente naturellement dans le sens du vent. Une fois la grue "mise en girouette", les ouvriers doivent descendre et retirer les charges lourdes.
Le risque de chute de grue est extrêmement faible, selon la FFB. "Nous n'avons pas – et les organismes de sécurité non plus – eu connaissance de dégâts sur des grues", poursuit l'interlocuteur. Le danger se présente surtout lorsque les vents dépassent 150 voire 200 km/h, comme lors de la chute de trois grues à Port Marianne en 2000.
Confirmation de l'INRS et de l'OppBTP
L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) précise, dans un dossier sur les grues à tour, que "l'indicateur anémométrique donne la vitesse instantanée du vent et délivre généralement deux signaux d'alarme sonore ou visuelle". Une alarme peut aussi retentir "lors du dépassement de la capacité nominale de la grue […] Dans ce cas, un signal sonore est également audible à l'extérieur de la grue".
Manuel Martin, chef de service à la direction technique de l'Organisme professionnel régional de prévention du BTP (OppBTP), avait déjà expliqué l'an dernier : "Une grue est autostable en géométrie grâce au poids positionné à son pied et calculé en fonction de situations et de l'environnement dans lesquels elle va évoluer pendant le chantier." Lors de la tornade dans le Val-d'Oise, "les grues étaient en girouette, en drapeau. Mais avec le vent tourbillonnant, on voit qu'elles n'ont pas eu le temps de se réaligner. Elles ont carrément été soulevées."
Les faits s'étant produits en soirée, l'hypothèse du dépassement de capacité nominale semble peu crédible. La mise en sécurité liée au vent reste l'explication la plus plausible pour cette sonnerie entendue par Géraldine.



