Chaleur de mai : le moustique tigre accélère son cycle de développement
Chaleur de mai : le moustique tigre accélère son cycle

Le moustique tigre favorisé par la chaleur de mai ?

Face aux températures déjà élevées de ce mois de mai, le moustique tigre voit son cycle de développement s'accélérer. Les experts observent une dynamique plus précoce des nuisances, notamment sur la Côte d'Azur.

Comment le moustique tigre vit-il ces températures élevées ? « Il faut avant tout savoir que les œufs éclosent à partir du mois de mars jusqu'en avril », explique Nicolas Le Doeuff-Le Roy, entomologiste à EID Méditerranée, opérateur public missionné dans le cadre de la santé publique par l'ARS Paca.

Un développement accéléré par la chaleur

La rapidité du développement larvaire dépend directement de la température. La chaleur accélère bien le processus. « Entre 15 et 20 degrés, cela prend peut-être une semaine et demie, deux semaines, voire un peu plus », indique le scientifique. Entre 25 et 30 degrés, on peut compter environ une semaine, et au-delà de 30 degrés, le développement peut atteindre cinq jours. Une limite existe toutefois : « Même s'il fait 35-40 degrés, il n'y aura pas vraiment de différence. »

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Cette accélération pourrait surtout avoir un impact sur la précocité des nuisances, notamment dans des régions plus fraîches habituellement comme la façade Atlantique, qui connaît des records historiques de canicule en ce mois de mai. À Bordeaux, 36,4 °C ont été enregistrés mercredi 27 mai. La Côte d'Azur, quant à elle, ne connaît pas des écarts aussi importants par rapport aux normales de saison : +8 points à Grasse ce jeudi 28 mai contre +15 points à Nantes le même jour.

Faut-il s'attendre à davantage de moustiques ?

« Ça n'impactera pas grandement l'ensemble de la population », souligne l'expert. Le cycle dépend aussi fortement des averses « pour que les œufs puissent être immergés et donc éclore. S'il fait très chaud pendant deux mois, mais qu'on n'a pas une seule pluie, on limite aussi l'arrivée de nouveaux moustiques tigres ». Le développement du moustique tigre suit malgré tout une croissance très rapide entre la mi-mai et juillet. Un moustique adulte vit ensuite environ un mois : « Il a quand même le temps, sur toute sa vie, d'avoir une nouvelle génération en plus ou deux. »

Un indicateur du réchauffement climatique ?

« Oui et non », répond le scientifique. « Pour le sud de la France, pas directement, parce que même sans grand réchauffement climatique, il vit déjà ici. » En revanche, dans des régions plus septentrionales comme le nord de la France, l'Angleterre ou les Pays-Bas, les étés « plus doux » conduisent à « un risque de colonisation beaucoup plus fort ». Dans les Alpes-Maritimes et le Var, l'impact de la hausse globale des températures se mesure plutôt sur le risque de transmission des maladies. « Plus les températures augmentent, plus la réplication du virus dans le moustique est rapide, ce qui accroît également les risques de transmission. »

Surveillance et prévention

Dans la région Sud, les réseaux de surveillance servent désormais davantage d'observatoires que de systèmes de détection. À Nice, le réseau historique de 50 pièges est en place depuis 2008 : « Il est essentiel de poursuivre cette surveillance pour observer d'éventuelles activités plus précoces ou plus tardives dans l'année. Aujourd'hui, on constate par exemple des pontes quasiment jusqu'en novembre. »

Attention aux futures pluies : « Le moyen le plus efficace de lutter reste l'élimination des points d'eau stagnante : sans eau, aucun développement larvaire n'est possible. » Un réflexe qui reste essentiel en cette période de fortes chaleurs : dès que les premières averses tomberont, il faudra veiller au grain.

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