La quatrième cellule interministérielle de crise sur la canicule se réunit ce lundi 29 juin en fin d'après-midi, alors que la température retombe pour la première fois depuis près de dix jours. Le gouvernement tentera d'établir « un premier bilan précis de ce qui a fonctionné et dysfonctionné cette semaine [celle du 22 juin] » et de compter ses morts.
Environ 1 000 décès supplémentaires recensés
Selon les premières estimations publiées dimanche par Santé publique France, environ 1 000 décès supplémentaires ont été enregistrés depuis le 24 juin par rapport à la mortalité habituellement observée à cette période de l'année. Plus précisément, alors que la moyenne mensuelle habituelle s'établit autour de 900 à 1 000 décès par jour, plus de 1 200 décès toutes causes confondues ont été recensés le 24 juin, puis 1 400 les 25 et 26 juin. Environ 85 % d'entre eux concernent les personnes de 65 ans et plus. Ce bilan s'alourdira très probablement, les conséquences d'une vague de chaleur se poursuivant souvent plusieurs jours après sa fin.
Comparaison avec la canicule de 2003
La violence extrême de cette canicule a rapidement provoqué des comparaisons avec celle de 2003, dont le bilan final s'était élevé à 15 000 victimes. La crainte d'une hécatombe comparable plane depuis plusieurs jours, alors que les températures ont dépassé celles de 2003 et après la tension exceptionnelle observée au sein du système hospitalier le week-end des 27 et 28 juin.
Pour la ministre de la Santé Stéphanie Rist, « même si la canicule est comparable d'un point de vue peut-être météorologique à celle de 2003, on ne sera probablement pas dans la même situation d'un point de vue sanitaire », a-t-elle assuré dimanche sur BFM TV. Elle estime qu'on n'observera « probablement pas la même surmortalité » en raison des progrès des « connaissances médicales » et de « l'organisation de l'État et de nos EHPAD, par exemple ».
Indicateurs alarmants et sous-estimation des chiffres
Si les chiffres sont pour l'heure loin de l'hécatombe de 2003, certains indicateurs invitent à la prudence. Selon Le Monde, dimanche soir, SOS Médecins comptait plus de trois fois plus de décès constatés lors des visites à domicile, après une hausse déjà sérieuse au début du week-end. Santé publique France a également mis en garde : les données disponibles sont « partielles » et « sous-estiment le nombre total de décès » liés à la canicule. La méthode de recensement, basée sur la remontée des certificats électroniques de décès, permet pour l'heure d'enregistrer environ 60 % de la mortalité nationale.
D'autres connaisseurs du sujet se montrent bien plus alarmants que le gouvernement, qui tente d'atténuer les critiques sur le manque d'organisation face au réchauffement climatique et aux vagues de chaleur pourtant anticipables. Sur France Info, le député LR et chef des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, Philippe Juvin, a dépeint un funeste tableau : « Lundi matin, les aides ménagères, les gens qui s'occupent des personnes âgées à domicile vont revenir travailler, ainsi que les familles. On va ouvrir les portes et on va probablement découvrir des gens qui sont soit en très très mauvais état chez eux, qui n'ont pas bu depuis trois jours, qui sont dans la chaleur ou qui sont morts », a-t-il décrit, assurant que « le bilan est loin d'être terminé » et qu'il pourrait être « probablement très très lourd ».
Les températures pourraient à nouveau dépasser les 35 degrés dans plusieurs régions à partir de la semaine du 6 juillet.



