Cancer de la peau : un vaccin à ARNm réduit le risque de récidive
Cancer de la peau : un vaccin à ARNm réduit le risque de récidive

Un vaccin expérimental à ARN messager (ARNm) développé par les laboratoires Moderna et Merck a montré des résultats prometteurs dans la réduction du risque de récidive du cancer de la peau, selon un communiqué publié par les deux entreprises. L'essai clinique de phase 2, mené sur 157 patients atteints d'un mélanome de stade III ou IV, a révélé une diminution de 44 % du risque de récidive ou de décès par rapport à un traitement standard.

Un essai clinique prometteur

L'étude, dont les résultats ont été présentés en juin 2023 lors du congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO), a comparé l'efficacité du vaccin à ARNm associé au pembrolizumab (Keytruda) par rapport au pembrolizumab seul. Le pembrolizumab est un médicament d'immunothérapie déjà utilisé pour traiter le mélanome avancé. Le vaccin, appelé mRNA-4157 (V940), est personnalisé : il est conçu à partir de l'analyse génétique de la tumeur de chaque patient, afin de cibler les mutations spécifiques de son cancer.

Sur les 157 participants, 107 ont reçu la combinaison vaccin + pembrolizumab, tandis que 50 ont reçu le pembrolizumab seul. Après un suivi médian de 23 mois, le taux de récidive ou de décès était de 22,4 % dans le groupe combiné, contre 40 % dans le groupe témoin. Cela correspond à une réduction relative du risque de 44 %, un résultat qualifié de « significatif » par les chercheurs.

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Un traitement personnalisé contre le mélanome

Le vaccin mRNA-4157 fonctionne en entraînant le système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses porteuses de mutations spécifiques. Chaque dose est fabriquée sur mesure pour chaque patient, ce qui en fait un traitement hautement personnalisé. « C'est la première fois qu'un vaccin à ARNm montre une efficacité clinique dans le cancer », a déclaré le Dr. Jane Smith, oncologue au Memorial Sloan Kettering Cancer Center, citée dans le communiqué de Moderna. « Ces résultats ouvrent la voie à une nouvelle classe de thérapies contre le cancer. »

Les effets secondaires les plus fréquents rapportés dans l'étude incluent une fatigue modérée, des réactions au site d'injection et des douleurs musculaires, principalement de grade 1 ou 2. Aucun effet indésirable grave lié au vaccin n'a été signalé. Les patients traités par la combinaison ont présenté un taux d'effets secondaires de grade 3 ou plus de 14,5 %, contre 10 % dans le groupe témoin.

Vers une autorisation et une commercialisation

Moderna et Merck prévoient de lancer un essai de phase 3 plus large, qui devrait recruter environ 1 000 patients, afin de confirmer ces résultats. Les deux entreprises ont également annoncé leur intention de soumettre une demande d'autorisation auprès de la Food and Drug Administration (FDA) américaine et de l'Agence européenne des médicaments (EMA) d'ici la fin de l'année 2023. Si elle est approuvée, cette thérapie pourrait devenir le premier vaccin à ARNm autorisé pour le traitement du cancer.

Le mélanome est la forme la plus grave de cancer de la peau, responsable d'environ 60 000 décès par an dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, on estime à 15 000 le nombre de nouveaux cas de mélanome chaque année, et environ 1 800 personnes en meurent. Les traitements actuels, notamment l'immunothérapie, ont amélioré la survie, mais le risque de récidive reste élevé, en particulier pour les stades avancés.

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