Un nouveau départ après l'AVC
Le 16 mai 2026, un article publié dans Le Monde intitulé « Ma vie après un AVC : ferme ta bouche, la résilience » raconte le parcours bouleversant d'une femme qui a dû tout réapprendre après un accident vasculaire cérébral. L'auteure, une journaliste de 45 ans, décrit avec une honnêteté brute les mois qui ont suivi l'AVC qui a frappé son cerveau un matin d'hiver.
Elle se souvient du moment où elle a perdu l'usage de la parole : « Je voulais dire 'je t'aime' à mon mari, mais il n'est sorti qu'un bruit inarticulé. » Ce fut le début d'un long combat contre l'aphasie, ce trouble du langage qui touche de nombreux survivants d'AVC. Pendant des semaines, elle a dû réapprendre à former des mots, à construire des phrases, à exprimer ses pensées.
La rééducation : un parcours du combattant
La rééducation a été intense. Orthophoniste trois fois par semaine, kinésithérapie, ergothérapie. Chaque progrès était minuscule mais précieux. « Un jour, j'ai réussi à dire 'bonjour' sans bégayer. J'ai pleuré de joie », confie-t-elle. Mais le chemin est semé d'embûches : la fatigue, la frustration, l'isolement social. Beaucoup de ses amis ont disparu, ne sachant comment communiquer avec elle.
Pourtant, elle a trouvé des ressources insoupçonnées. Son mari est devenu son pilier, apprenant lui aussi à communiquer autrement. Ses enfants, adolescents, ont fait preuve d'une maturité surprenante. « Ils m'ont aidée à retrouver ma confiance », dit-elle.
La résilience au quotidien
Le titre de l'article, « ferme ta bouche », fait référence à une phrase que son orthophoniste lui répétait souvent : « Ferme ta bouche et écoute. » Une injonction paradoxale pour quelqu'un qui lutte pour parler. Mais avec le recul, elle y voit une leçon de vie : parfois, il faut savoir se taire pour mieux entendre, pour mieux comprendre le monde qui nous entoure.
Aujourd'hui, trois ans après l'AVC, elle parle presque normalement, même si les mots difficiles restent un défi. Elle a repris son travail à mi-temps, adapté. Elle milite pour une meilleure prise en charge des victimes d'AVC, notamment pour l'accès à des soins de rééducation de longue durée. « L'AVC ne se termine pas à la sortie de l'hôpital. Il commence là », insiste-t-elle.
Son témoignage est un message d'espoir pour tous ceux qui traversent cette épreuve. La résilience n'est pas un mot abstrait, c'est une réalité quotidienne, faite de petits pas et de grands combats.



