La règle selon laquelle il faudrait attendre 2 à 3 heures après avoir mangé avant d'aller se baigner est largement répandue. Mais est-elle scientifiquement fondée ? Pour le docteur Jean-Christophe Calmes, médecin généraliste à Frontignan et président de l'Union Régionale des Professionnels de Santé (URPS) Médecins libéraux, la réponse est claire : « Non, c'est faux. Il n'y a aucun risque médical avéré. »
Qu'est-ce que l'hydrocution ?
L'hydrocution est un terme populaire désignant une perte de connaissance provoquée par un choc thermique. Lorsque le corps est chaud, les vaisseaux sanguins se dilatent pour évacuer la chaleur. Exposé à un froid soudain, le corps contracte ces vaisseaux pour préserver sa température, ce qui augmente la pression artérielle et peut ralentir le cœur, réduisant l'afflux de sang au cerveau. Cela peut entraîner un malaise vagal, voire un arrêt cardiaque.
Le lien avec le repas
Le docteur Calmes explique que le malaise n'est pas lié au repas mais à la température de l'eau. « Si vous avez bien mangé et que vous entrez dans une eau à 30 degrés, vous ne risquez rien. Que vous ayez bien mangé ou non, si vous entrez dans une eau à 18 degrés, faites attention. » Les personnes sujettes aux malaises vagaux peuvent en faire même trois heures après le repas, tandis que les autres peuvent sauter dans l'eau sans problème si elle n'est pas trop froide.
Les bons réflexes pour éviter le choc thermique
- Entrez progressivement dans l'eau.
- Ne jetez personne à l'eau.
- Mouillez-vous la nuque, les bras et le visage pour habituer le corps à la fraîcheur.
- Hydratez-vous régulièrement pour compenser la perte d'eau et de sels minéraux.
- Évitez les expositions prolongées au soleil, surtout aux heures les plus chaudes.
Et l'alcool ?
Plus que le repas, le risque majeur de malaise par choc thermique est l'alcool. « L'alcool diminue nos réflexes d'adaptation à un changement thermique important », souligne le médecin. Après un repas sans alcool, le risque est faible ; après un repas bien arrosé, la prudence s'impose. Il recommande également de mouiller les zones riches en récepteurs thermiques (nuque, aisselles, bras) avant l'immersion pour réduire le risque de malaise.



