Le rat, un vecteur majeur d'épidémies selon Anne-Marie Moulin
Dans un entretien accordé à Libération, la spécialiste des virus Anne-Marie Moulin revient sur le rôle central du rat dans la propagation des épidémies. Selon elle, le rongeur est souvent négligé alors qu'il constitue un réservoir important de pathogènes.
Anne-Marie Moulin, qui vient de publier un ouvrage sur le sujet, souligne que le rat est responsable de la transmission de nombreuses maladies, de la peste à la leptospirose en passant par le hantavirus. Elle insiste sur le fait que l'urbanisation et les changements climatiques favorisent la prolifération de ces rongeurs, augmentant ainsi les risques sanitaires.
Un animal mal-aimé mais dangereux
Le rat est souvent perçu comme un nuisible, mais son rôle dans les épidémies est sous-estimé. Anne-Marie Moulin rappelle que les rats peuvent héberger des virus et des bactéries sans être eux-mêmes malades, ce qui en fait des vecteurs silencieux. Elle appelle à une meilleure surveillance des populations de rats dans les villes et les campagnes.
La chercheuse met également en garde contre les solutions radicales, comme l'empoisonnement massif, qui peuvent avoir des conséquences négatives sur l'écosystème. Elle préconise plutôt une approche intégrée de lutte contre les rongeurs, combinant prévention, hygiène et sensibilisation du public.
Un parallèle avec la pandémie de Covid-19
Anne-Marie Moulin établit un parallèle entre la place du rat dans les épidémies historiques et la pandémie de Covid-19. Selon elle, les rats pourraient jouer un rôle dans l'émergence de nouveaux virus, en raison de leur proximité avec les humains et de leur capacité à se déplacer sur de longues distances.
Elle insiste sur la nécessité d'une approche globale de la santé, intégrant la santé animale et environnementale, pour prévenir les futures pandémies. Le rat, conclut-elle, est un indicateur de la santé de notre environnement et mérite une attention accrue de la part des autorités sanitaires.



