Le docteur Marc Galiano dévoile les mystères de l'andropause masculine
Andropause : le tabou médical que dénonce un spécialiste

Le paradoxe masculin face à l'andropause

Le docteur Marc Galiano, andrologue, urologue et cancérologue exerçant à Paris, vient de publier un ouvrage éclairant sur les mystères de l'andropause, ce phénomène qui touche les hommes généralement à partir de la cinquantaine. Dans une société où le fatalisme prévaut souvent, ce médecin a fait le choix courageux de soigner cette condition méconnue.

Un tabou persistant dans la santé masculine

Étrange paradoxe masculin : alors que les hommes se montrent intarissables sur leurs performances sportives et consultent leur cardiologue deux fois plus fréquemment que les femmes, rares sont ceux qui osent aborder leur baisse de libido. Comme s'il s'agissait d'une honte inavouable, comme si leur capacité érectile résumait à elle seule leur virilité. Une question fondamentale se pose donc : si eux-mêmes n'en parlent pas, qui va finalement les soigner ?

Le docteur Marc Galiano s'est intéressé à ce paradoxe il y a environ vingt ans. Lorsqu'il a manifesté cet intérêt auprès de son supérieur à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, ce dernier l'a taclé d'un « c'est nul, concentre tes efforts sur autre chose ». Mais le médecin a persisté, poursuivant sa carrière en cancérologie comme prévu tout en continuant à travailler sur ce sujet qu'il qualifie encore aujourd'hui de « parent pauvre des spécialités médicales ».

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L'andrologie : une spécialité méconnue

Il est aujourd'hui impossible de connaître précisément le nombre d'andrologues en France. « Très peu », admet le docteur Galiano. L'andrologue s'intéresse aux dysfonctions érectiles, à l'impuissance, aux troubles de l'éjaculation ainsi qu'aux problèmes d'infertilité masculine. Certes, les urologues peuvent également traiter ces questions, mais dès qu'un patient les interroge sur la sexualité ou la psychologie, beaucoup se montrent réticents à répondre.

Le docteur Marc Galiano est l'auteur du livre « Andropause, préservez vos capacités physiques, intellectuelles et sexuelles » publié aux Éditions Flammarion. Le sujet demeure tabou et la majorité des hommes qui constatent des difficultés acceptent leur nouvelle situation avec un fatalisme contre lequel lutte activement le spécialiste.

Des solutions existent contre le fatalisme

« J'ai écrit un livre pour faire savoir qu'il existe des solutions, que l'on peut aider pendant cette période de la vie, dans l'objectif de bien vieillir », assure-t-il. La plupart des patients qui viennent en consultation présentent une plainte liée à un problème érectile ou à une baisse de la libido. Mais ces manifestations ne sont que des symptômes parmi d'autres.

En réalité, les hommes peuvent également présenter des troubles du sommeil, des variations d'humeur, un ralentissement des performances sportives ou une diminution de la masse musculaire. Beaucoup ne font pas le lien entre ces problèmes et un déséquilibre hormonal. On appelle ce trouble global le déficit androgénique lié à l'âge (Dala).

La baisse de testostérone : un phénomène naturel

Dès 50 ans, parfois plus tard, occasionnellement plus tôt, le taux de testostérone commence à diminuer chez les hommes. Cette hormone produite dans les testicules joue un rôle fondamental dans la régulation de la libido, la production de sperme, le développement de la masse musculaire, le maintien de la densité osseuse, l'équilibre émotionnel et les fonctions cognitives.

« Lorsque je reçois un homme présentant ces symptômes, je me comporte tel Sherlock Holmes de la verge en berne », sourit le médecin. « Et j'enquête. Il faut commencer par prescrire des analyses hormonales : doser la prolactine, la thyroïde, la testostérone et les PSA pour la prostate. Je prescris aussi une échographie de la prostate, des reins et de la vessie. Ces examens de base vont permettre d'écarter toute hypothèse d'un cancer de la prostate notamment, ce qui serait incompatible avec un traitement à base d'hormones. »

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Des traitements adaptés selon les cas

La testostérone ne s'arrête pas brutalement, mais elle diminue progressivement avec le temps, à des rythmes variables selon les individus. « En tout début d'andropause, autour de 50 ans, je peux prescrire des traitements de phytothérapie, Tribulus et Maca Noire, qui vont booster la production naturelle de l'hormone », détaille le docteur Marc Galiano.

« Mais lorsque la baisse est plus flagrante, il vaut mieux, une fois les examens réalisés, proposer un traitement à base de testostérone, en gel ou en injection. Les effets sont immédiats, sur l'humeur, la libido et la fonte musculaire. Attention, les apports en testostérone ne constituent pas du dopage, il s'agit juste de remettre les compteurs à zéro. Pourquoi se priver de bien vieillir, lorsqu'il existe des solutions thérapeutiques ? La sexualité contribue à la bonne santé, apporte une énergie qui permet de vivre mieux. »

Vers une meilleure prise en charge masculine

Le spécialiste souhaite aller plus loin en éduquant la société actuelle à cette prise en charge des hommes, très en deçà de celle dont bénéficient les femmes. Il milite activement pour développer des consultations de gynécologie pour hommes.

« Les jeunes filles trouvent normal de consulter une gynécologue à 14 ans, elles ont un lieu où parler éventuellement de leurs difficultés, ou un lieu où poser des questions », s'insurge Marc Galiano. « Les jeunes garçons, lorsqu'ils éprouvent des difficultés ou souhaitent des retours à leurs doutes, n'ont pas de lieu où en parler, de médecin spécialisé qui pourra déceler un problème, ou simplement répondre à leurs interrogations. »

L'ouvrage « Andropause, préservez vos capacités physiques, intellectuelles et sexuelles » du docteur Marc Galiano, publié aux Éditions Flammarion, représente ainsi une contribution importante à la démystification de cette condition et à l'amélioration de la santé masculine globale.