Cap-d'Ail : la plage naturiste des Pissarelles cherche un second souffle
Cap-d'Ail : la plage naturiste des Pissarelles cherche un second souffle

Depuis plus de 40 ans, la plage des Pissarelles à Cap-d'Ail est un lieu emblématique du naturisme dans les Alpes-Maritimes. Nichée entre la plage de la Mala et celle de Saint-Laurent d'Èze, cette crique de galets et de rochers attire une communauté fidèle, mais qui voit sa fréquentation décliner. Les habitués, comme Lucio, un Niçois quinquagénaire, témoignent d'un esprit de famille et d'une ambiance bienveillante, mais constatent que les nouvelles générations boudent ce mode de vie.

Un accès difficile mais un lieu préservé

Pour atteindre cette plage intimiste, il faut emprunter un chemin escarpé, souvent méconnu des non-initiés. L'accès se fait via un domaine privé, et la montée, surtout en été après une baignade, demande de l'eau, du cardio et un chapeau. Mais cet isolement contribue au charme du lieu, loin de la foule des plages voisines.

Antonio, un Italien de Sanremo, vient spécialement depuis 15 ans, une à deux fois par semaine. « Chez nous en Italie, le naturisme est moins répandu », explique-t-il. Il apprécie la tranquillité et le respect mutuel qui règnent sur la plage. Mélanie, une habituée, renchérit : « Les lieux sont agréables, à l'écart de la foule, respectés par les usagers et l'ambiance y est bienveillante. »

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Une communauté soudée et accueillante

Le naturisme aux Pissarelles n'est pas qu'une pratique, c'est un véritable mode de vie. Sylvain, un quadragénaire de Menton, souligne l'importance de la convivialité : « On croise souvent les mêmes têtes, il y a un respect naturel mutuel. Puis il n'y a pas de voyeurs ou de personnes malintentionnées comme on peut en retrouver parfois ailleurs. » Les habitués partagent des apéros, des discussions, et forment une « communauté de vie ».

Les touristes ne sont pas en reste. Jared, un Britannique en vacances, a découvert le lieu sur Internet : « Très honnêtement, il tient ses promesses. C'est propre et bien fréquenté. » Didier, un Belge de passage, se dit prêt à revenir. Cette mixité entre locaux et visiteurs contribue à l'atmosphère unique de la plage.

Pourquoi le naturisme ?

Interrogés sur leurs motivations, les pratiquants répondent avec spontanéité. Mélanie s'exclame : « La liberté ! » Sylvain, plus pragmatique, évoque l'aspect pratique : « Pas besoin de faire sécher son maillot. » Pour Lucio, le naturisme est lié à une génération : « Notre génération, c'est celle de la libération des mœurs. » Mais il s'interroge avec humour sur l'évolution des maillots de bain qui se rétrécissent d'année en année.

Un déclin préoccupant

Malgré cette ambiance positive, la fréquentation baisse. Lucio, qui pratique depuis 20 ans, se souvient : « Avant, quand on arrivait, on ne pouvait pas poser la serviette tellement il y avait du monde. Les choses ont bien changé. » Aujourd'hui, même en plein été, il reste des places. Antonio confirme : « Les années passent et la plage se vide. » La communauté vieillit et les nouveaux pratiquants se font rares.

Viviane Tiar, présidente de l'Union régionale naturiste Paca - Corse, nuance ce constat. Pour elle, la plage des Pissarelles se caractérise par « le respect mutuel » entre usagers, et les échos sont « très positifs ». Elle souligne que tous les publics peuvent venir et que certains découvrent le naturisme grâce à ce lieu.

Un appel aux nouvelles générations

Face à ce déclin, les habitués lancent un appel : ils aimeraient voir la communauté se rajeunir. « On aimerait bien que la communauté se rajeunisse un peu », confie Lucio. La plage reste ouverte à tous, sans distinction de sexe, et les candidatures sont bienvenues. Comme le dit Antonio, « quelque part, on appartient à la même communauté ». Pour ceux qui cherchent un lieu authentique et respectueux, les Pissarelles n'attendent que de nouvelles âmes.

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