Arthur Gerstlé-Joly, pasteur de l’Église protestante unie de France dans le Grand Lyon, marié à une pasteure et père de famille, est une personne transgenre. Il sera l’un des intervenants de la quatrième édition du Festival des Poussières, le rendez-vous estival des chrétiens de gauche, qui se déroule du 20 au 23 août 2026 près de Dijon. Dans un entretien accordé à nos confrères, il revient sur les réactions, parfois blessantes, qu’il suscite.
Un parcours semé d’incompréhensions
Arthur Gerstlé-Joly raconte avoir entendu des remarques comme : « Vous pourriez pas être simplement lesbienne comme tout le monde ? » Cette phrase illustre le malaise que sa transidentité provoque, y compris au sein de milieux qui se veulent ouverts. Il explique que son changement de genre n’est pas toujours bien accueilli, ni par les institutions religieuses, ni par les croyants.
Le pasteur précise que son parcours de transition a débuté avant son ordination. Il a dû faire face à des interrogations et à des réticences, mais il affirme que sa foi et son appel pastoral sont restés constants. « Je suis pasteur, je suis trans, et je suis chrétien. Ces trois identités ne sont pas contradictoires », déclare-t-il.
Un témoignage au Festival des Poussières
Le Festival des Poussières, qui se tient pour la quatrième fois en 2026, est un événement qui rassemble des chrétiens progressistes autour de débats, de conférences et de moments de partage. Arthur Gerstlé-Joly y prendra la parole pour témoigner de son expérience. Il espère ainsi contribuer à une meilleure compréhension des personnes transgenres dans les milieux religieux.
Il souligne que l’Église protestante unie de France, dont il est pasteur, a une position officielle d’accueil et de non-discrimination, mais que les pratiques locales peuvent varier. « Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que l’Église soit vraiment inclusive », estime-t-il.
Un message d’espoir et de résilience
Arthur Gerstlé-Joly insiste sur le fait que sa transidentité n’a jamais été un obstacle à sa mission pastorale. « Porter le message du Christ, c’est annoncer l’amour inconditionnel de Dieu pour tous les êtres humains, sans exception », affirme-t-il. Il ajoute que les difficultés qu’il rencontre sont aussi l’occasion de dialoguer et de faire évoluer les mentalités.
Le pasteur conclut en rappelant que la diversité des genres et des orientations sexuelles fait partie de la création de Dieu. « Chaque personne est créée à l’image de Dieu, et cela inclut les personnes trans », déclare-t-il. Il espère que son témoignage au Festival des Poussières permettra à d’autres de se sentir acceptés et soutenus dans leur foi et leur identité.



