La mosquée Averroès, située rue Émile Picard à La Paillade, est appelée à être rachetée pour permettre l'agrandissement du dépôt de tramways des Hirondelles. Elle sera remplacée par un nouvel édifice doté d'un minaret, qui devrait s'élever à l'emplacement de l'actuel foyer Adoma, à proximité de la caserne des pompiers Jean-Guizonnier.
Un lieu de culte enclavé et gênant
Le projet part d'un constat simple : l'actuelle mosquée Averroès est enclavée, entre le lycée Vinci, le centre de formation des apprentis (CFA) et le dépôt de tramways. Les difficultés d'accès sont particulièrement sensibles pendant le ramadan et les vendredis, jour de prière le plus suivi, où le CFA doit fermer ses portes. Environ 2 000 fidèles y sont accueillis chaque vendredi.
« La mosquée gêne beaucoup de monde, ce n'est pas bon », explique-t-on. « On voit qu'elle est dans une impasse, il y a toujours des problèmes de stationnement. Parfois, des personnes prient à l'extérieur », rapporte Lhoussine Tahri, président de l'association de gestion du lieu de culte.
D'où l'idée d'un déplacement qui permettrait une extension du dépôt des Hirondelles et de réduire les contraintes pour les deux établissements de formation. Le projet a reçu l'approbation du maire Michaël Delafosse et de son équipe.
Un terrain trois fois plus grand
Concrètement, l'objectif est de transférer le lieu de culte sur le terrain occupé actuellement par le foyer Adoma. Ce transfert, d'une centaine de mètres à vol d'oiseau, se fera sur une parcelle trois fois plus grande : 6 800 m² contre un peu plus de 2 000 m² actuellement. « Elle permet de s'ouvrir sur l'avenue de l'Europe et de se rapprocher du centre de vie de La Mosson », observe Kamel Akam, membre de l'association.
Historique de la mosquée Averroès
La mosquée Averroès a ouvert ses portes en 2004 à La Paillade, répondant à une demande des fidèles qui ne disposaient pas de lieu de culte adapté dans le quartier. La revendication était alors portée par l'association des Franco-marocains de Montpellier. « C'est la Ville qui l'a construite de A à Z. Georges Frêche voulait alors qu'on passe par lui », se souvient Lhoussine Tahri.
En 2012, un bail emphytéotique de longue durée a été signé entre la Ville, alors dirigée par Hélène Mandroux, et l'association de gestion, permettant à la mosquée d'être davantage en conformité avec la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État. En juin 2016, Philippe Saurel a proposé la vente du lieu de culte aux fidèles pour 1,20 million d'euros, vente effective en juin 2019.
Une opération foncière à finaliser
Le terrain de la future mosquée est propriété de la Ville, et le foyer Adoma, qui accueille d'anciens travailleurs immigrés retraités, est également promis à un déplacement. « Son prix est évalué à 3,20 millions d'euros par les Domaines. Celui du terrain de l'actuelle mosquée entre 1,50 et 1,70 million d'euros. On est en négociation avec la mairie pour voir comment on peut faire », explique Mahfoud Benali, chargé du volet financier.
L'ambition des responsables musulmans est de financer l'opération sans aide extérieure, avec le soutien des fidèles et les revenus de la location de studios construits à proximité. « Je veux que la mosquée soit autofinancée et la gestion autonome. Je souhaite aussi que l'on y construise une vraie école, dans les normes, pour y enseigner l'arabe », précise Mahfoud Benali.
Un minaret de 27 mètres et un style andalou
Le projet vise à réaliser un lieu de culte remarquable par son architecture, avec un minaret de 27 mètres de haut. Plusieurs esquisses ont été réalisées, s'inspirant de la mosquée d'Ifrane au Maroc et du style andalou de la Koutoubia à Marrakech. « Ce sera un monument en tant que tel, la plus belle mosquée du sud. On est presque à la quatrième génération de citoyens de confession musulmane en France, il est temps d'affirmer cette identité, dans le cadre de la République », développe Lhoussine Tahri.
« Ce sera une vraie mosquée digne de ce nom, pas un hangar. Comme la Grande mosquée de Paris ou celle de Saint-Étienne. On a la prétention, quand on verra l'édifice, que l'on dise : ça, c'est Montpellier », renchérit Mahfoud Benali.
Les promoteurs souhaitent également un lieu ouvert, « cultuel mais aussi culturel, qui donne l'exemple du vivre ensemble et apporte quelque chose à la ville ». Si le dossier n'en est qu'à son préambule, une date est déjà avancée pour l'ouverture : 2030.



