Gentilly lance un diagnostic qualité après des plaintes
L'affaire a secoué Gentilly, dans le Val-de-Marne. Trois plaintes ont été déposées depuis février pour des violences sexuelles survenues dans deux écoles de la ville, pendant le temps périscolaire. Alertée, la mairie dirigée par Fatah Aggoune (PCF) a rapidement suspendu les deux suspects, puis lancé un « diagnostic qualité ». Réalisé par des associations spécialisées, ce diagnostic visait à « passer au crible » les processus de recrutement et l'organisation du temps de l'enfant. Face à l'inquiétude des familles, une « commission de l'enfant » a été organisée le 21 mai, réunissant personnel, élus et représentants de parents.
L'objectif est de formaliser un plan d'actions et de nouvelles règles. Gentilly entend désormais sensibiliser chaque enfant au consentement, notamment via des pièces de théâtre adaptées et l'intervention d'associations dès la grande section. « Un enfant qui ose parler est un enfant qu'on peut sauver », estime la collectivité, qui espère que les enfants sauront reconnaître une situation à risque et briser le silence. En revanche, la mairie ne s'est pas encore positionnée sur la vidéoprotection dans les écoles ou l'obligation de ne jamais laisser un enfant seul avec un adulte. Une campagne d'affichage pour le 119, « Allô enfance en danger », a été lancée, et un référent formé aux violences sexistes et sexuelles doit être nommé dans chaque accueil de loisirs.
Joinville-le-Pont, un modèle de gestion post-crise
La commune de Joinville-le-Pont a expérimenté cette gestion il y a sept ans, après l'agression sexuelle d'une fillette de 4 ans au périscolaire du P'tit Gibus par un jeune animateur. Depuis, la mairie tente de tout mettre en œuvre pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise. « Respecter les obligations réglementaires ne suffit pas. Ce qui change la donne, c'est la volonté politique des élus », insiste l'entourage du maire Francis Sellam (LR). En sept ans, la ville a multiplié les mesures, notamment autour de la formation et de l'accompagnement des animateurs. Elle a rapproché la gestion du périscolaire des parents et des enseignants avec, dans chaque école, un « conseil du périscolaire ». « La responsabilité des animateurs n'est pas seulement individuelle, c'est une question collective », souligne la municipalité. Ce dialogue permet aussi aux animateurs de partager leurs difficultés et de bénéficier d'une psychologue clinicienne recrutée pour accompagner professionnels et enfants.
Recrutements renforcés à Créteil
À Créteil, les recrutements trop rapides ont pris fin après les remous provoqués par l'embauche en quelques minutes d'une journaliste de RTL l'année passée. Depuis, la collectivité a « renforcé sa procédure » : une nouvelle grille d'évaluation des candidats a été adoptée et les sessions de recrutement sont désormais plus formalisées, « conduites en présence du service des ressources humaines ». Tous les six mois, des vérifications aléatoires du casier judiciaire des agents sont opérées pour s'assurer qu'aucune nouvelle infraction n'est apparue. Par ailleurs, Créteil a développé des partenariats pour financer des formations au Bafa ou au brevet de directeur. « Ce dispositif s'inscrit dans une démarche de professionnalisation qui permet de fidéliser les agents, de stabiliser les équipes dans un métier peu reconnu, pour susciter des vocations essentielles à l'accompagnement des enfants », explique la mairie. La ville a également renforcé son vivier de vacataires, soumis aux mêmes contrôles, pour couvrir ses besoins de remplacement sans recruter à la dernière minute.
Outre le contrôle du casier judiciaire et un examen minutieux de chaque CV avec appels aux anciens employeurs, les candidats à Joinville sont soumis à différents tests de personnalité. « La difficulté du recrutement dans le périscolaire ne peut pas être une excuse », appuie l'entourage du maire. Au moindre signalement, l'animateur est immédiatement suspendu. Cela n'est arrivé qu'une fois en sept ans, pour un défaut de surveillance, et le contractuel a été remercié.



