Autisme à Montpellier : une mère en détresse face au manque de places en IME
Autisme à Montpellier : une mère en détresse face au manque de places

Yanis, 12 ans, atteint de troubles autistiques sévères, ne parle pas, n'écrit pas et peut devenir violent en cas de frustration. Sa mère, Meriem Gharbi, habitante du quartier Bagatelle à Montpellier, a dû l'inscrire au collège Camille-Claudel pour la rentrée prochaine, faute de place dans un institut médico-éducatif (IME). Elle attend depuis six ans que la notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) soit suivie d'effet.

Une attente interminable sur liste d'attente

La notification de la MDPH pour intégrer un IME a été délivrée en janvier 2020 et renouvelée en janvier 2024. Pourtant, Meriem Gharbi indique que son fils était en 76e position sur la liste d'attente il y a un an et demi, et qu'il est aujourd'hui 49e. Les places à l'IME Foncaude ou au Château d'O restent hors de portée. « Cela fait six ans qu'on attend une place », déplore-t-elle.

Jusqu'en juin dernier, Yanis était scolarisé à l'école primaire Voltaire dans une unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS), mais seulement de 8 h 30 à 10 h 30. « C'était très compliqué. Le primaire c'était déjà très violent, alors imaginez le collège ! On m'a dit de venir l'inscrire mais ce n'est pas sûr qu'il puisse le prendre, cela veut dire que Yanis passera tout son temps avec moi », s'inquiète Meriem Gharbi.

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Un recours en justice rejeté

En avril 2025, Meriem Gharbi a écrit à Brigitte Macron pour alerter sur sa situation. L'Élysée a répercuté sa demande à la direction départementale de l'Agence régionale de santé (ARS), qui a reconnu les difficultés. « Nous avons conscience que l'attente d'une place effective en IME peut être source d'importantes tensions pour les familles, en particulier lorsque les troubles sont sévères et que les besoins en accompagnement sont quotidiens », a répondu l'ARS, renvoyant vers les dispositifs existants.

Parallèlement, Meriem Gharbi a saisi le tribunal administratif pour obtenir l'annulation du refus de l'Éducation nationale de reconnaître sa demande indemnitaire de 15 000 euros au titre de son préjudice, et pour obliger l'État à suivre les préconisations de la MDPH. Le juge a rejeté sa requête, estimant que Yanis avait été pris en charge via sa scolarité entre 2020 et 2025 et accompagné par le pôle compétence et prestation externe de l'est-Hérault. Sur la demande d'intégration en IME, le tribunal a indiqué qu'« il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration ». Meriem Gharbi et son avocate ont fait appel.

Une famille éprouvée, un appel à l'action

Meriem Gharbi a également un troisième enfant, Malik, 9 ans, lui aussi atteint de troubles autistiques d'origine génétique, comme son grand frère. Malik est scolarisé à l'école Charles-Baudelaire et son accompagnement se passe bien. « Le plus gros souci c'est Yanis. Actuellement avec l'éducateur spécialisé qui le suit ça se passe super bien. Quand il y a une prise en charge, il y a des progrès », souligne-t-elle. Elle implore : « Il faut que l'inspection académique bouge, il faut que l'Agence régionale de santé bouge. Je sais que je ne suis pas la seule à avoir des problèmes mais je défends les droits de mon enfant. »

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