La mort soudaine du sénateur républicain Lindsey Graham, survenue samedi 11 juillet à l'âge de 71 ans, a immédiatement suscité des spéculations sur une éventuelle responsabilité de la Russie ou de l'Iran, bien que ces théories soient jusqu'ici infondées. L'influenceuse d'extrême droite Laura Loomer, ainsi que plusieurs autres personnalités de la sphère Maga, ont relayé ces accusations sur les réseaux sociaux.
Une rupture de l'aorte comme cause préliminaire
Son cabinet avait annoncé son décès sur le réseau social X ce week-end, précisant qu'il avait souffert "d'une brève et soudaine maladie". Ce lundi 13 juillet, on apprend que Lindsey Graham aurait été victime d'une rupture de l'aorte, selon les conclusions préliminaires du médecin légiste, relayées par l'Associated Press. Le diagnostic ne convainc toutefois pas les internautes et commentateurs proches du mouvement de Donald Trump.
Un sénateur pro-Ukraine et anti-Iran
Quelques heures avant son décès, Lindsey Graham revenait d'une visite en Ukraine pour rencontrer le président Volodymyr Zelensky – sa 10e visite depuis le début de l'invasion russe en 2022. Ces dernières semaines, le sénateur, grand partisan de l'Otan et de la coopération transatlantique, avait plaidé pour un renforcement du soutien à Kiev. Il avait défendu l'idée de fournir des missiles américains Tomahawk à l'Ukraine pour renforcer sa défense aérienne, et annoncé vendredi dernier avoir obtenu l'aval de l'administration Trump pour renforcer les sanctions contre la Russie. "Lindsey était un véritable défenseur de la liberté et des valeurs qui rendent notre monde plus sûr", a ainsi réagi le président ukrainien à l'annonce de son décès.
Il était également l'un des principaux soutiens de la guerre de Donald Trump en Iran, ayant plaidé pendant des années pour une confrontation directe entre Washington et Téhéran, afin de démanteler le programme nucléaire iranien. La télévision d'État iranienne a ainsi applaudi la mort du républicain, le décrivant comme un "sénateur américain belliciste et anti-iranien" et "félicitant l'Iran pour son décès".
Des accusations sans fondement
Lindsey Graham "a-t-il été empoisonné par un adversaire étranger, que ce soit à l'étranger ou à son retour ?", s'interroge Laura Loomer. "L'Iran a lancé un appel à l'assassinat [contre lui] il y a moins d'une semaine. Que signifie pour son entourage cette 'brève et soudaine maladie' ? Un empoisonnement ?", poursuit-elle sur X, exigeant une enquête. Elle revient à la charge dans un autre tweet : "Lindsey Graham était en Ukraine la veille, plaidant pour un projet de loi de sanctions contre la Russie, projet qu'il prétendait soutenu par la Maison-Blanche. Or, il est décédé subitement d'une maladie mystérieuse, selon son entourage. La Russie a-t-elle assassiné un sénateur américain ?".
De son côté, le présentateur radio et rabbin américain Shmuley Boteach a écrit sur les réseaux sociaux ne pas "être du genre à croire aux théories du complot". "Mais la mort du plus grand ennemi de l'Iran et de la Russie, le GRAND LINDSEY GRAHAM, un jour après son retour d'Ukraine, est tout simplement louche", a-t-il tweeté.
Cette théorie trouve aussi des échos hors des États-Unis. Pour l'opposant russe Igor Eidman, Lindsey Graham aurait tout à fait pu être assassiné par les services de renseignement du Kremlin. "Il était considéré comme le politicien le plus pro-ukrainien de l'entourage du président américain (...) Le Kremlin aurait pu considérer le sénateur comme l'une des personnes influençant le changement de position de Trump" sur le conflit, a-t-il déclaré, selon des propos relayés par le média biélorusse d'opposition Nexta. "Un empoisonnement aurait pu avoir lieu lors de cette visite [en Ukraine], par exemple à l'aide d'une substance à action lente (...) Les services de renseignement russes auraient pu utiliser les réseaux d'agents restants en Ukraine pour mener à bien une telle opération", poursuit Igor Eidman. Les partisans de cette théorie ont également mis en avant le fait que la Russie avait déjà eu recours dans le passé à des empoisonnements via des substances radioactives ou des agents neurotoxiques, contre des adversaires de premier plan.
Des analyses toxicologiques en cours
À l'heure actuelle, rien ne permet d'étayer de telles suspicions. Selon le rapport du médecin légiste, "la dissection aortique" dont a été victime le sénateur américain "était liée à son athérosclérose", une maladie des artères. Selon l'Associated Press, la cause officielle du décès sera communiquée après des analyses "toxicologiques et microscopiques".



