Stella, 62 ans, raconte son hyperphagie boulimique : « Une addiction à la nourriture »
Stella, 62 ans, raconte son hyperphagie boulimique

Stella, 62 ans, est atteinte d'hyperphagie boulimique, un trouble du comportement alimentaire qu'elle décrit comme « une addiction à la nourriture ». Elle raconte une vie de culpabilité et de secrets, dont elle peine encore à se défaire. Propos recueillis par Marie Fiachetti.

Un trouble méconnu

L'hyperphagie boulimique se traduit par des crises de boulimie sans comportement compensatoire pour prévenir une prise de poids. Ce trouble touche près d'un million de personnes diagnostiquées en France, de tout âge et de tout genre, provoquant d'importantes souffrances physiques et psychiques. Pourtant, il reste l'objet de nombreuses idées reçues et fausses informations.

Le parcours de Stella

À l'occasion de la Journée mondiale des TCA le 2 juin, et de la semaine de sensibilisation nationale lancée par la Fédération française Anorexie Boulimie (FFAB), quatre personnes ont accepté de confier leur parcours avec la maladie. Aujourd'hui, Stella, qui à 62 ans souffre d'hyperphagie boulimique.

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« Ma mère, médecin, répétait souvent qu'une femme adulte ne devait pas faire plus qu'un 38. C'était les années 1960, à l'époque, on ne parlait pas encore de grossophobie. J'avais 8 ans quand elle a considéré que j'avais deux ou trois kilos "en trop" et m'a mise au régime. C'est de là que remonte mon trouble », confie-t-elle.

Stella décrit des crises où elle mange de façon compulsive, sans faim, avec une sensation de perte de contrôle. « J'avais l'impression que si je m'arrêtais de manger, j'allais mourir », explique-t-elle. Ces épisodes sont suivis d'une profonde culpabilité et d'une honte intense, la poussant à cacher ses comportements alimentaires à son entourage.

Le poids de la culpabilité et du secret a marqué sa vie. « Pendant des années, je me suis isolée, je ne pouvais pas partager ce que je vivais. C'était un cercle vicieux : plus je cachais, plus je culpabilisais, et plus je mangeais », raconte-t-elle.

Aujourd'hui, Stella suit une thérapie et participe à des groupes de parole. « C'est un combat de chaque jour, mais je commence à accepter que la nourriture n'est pas une ennemie. Il faut apprendre à vivre avec, sans en être esclave », conclut-elle.

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