Précarité mobilité : 17 millions de Français concernés en 2026
Précarité mobilité : 17 millions de Français concernés

Près d'un Français sur dix a déjà renoncé à un emploi en raison de difficultés de déplacement ou du coût des transports. C'est l'un des constats du baromètre de l'association Wimoov, publié ce jeudi, qui révèle une aggravation continue de la « précarité mobilité » dans le pays.

17 millions de personnes concernées, soit 37 % des adultes

En 2026, 17 millions de Français âgés de plus de 18 ans sont en situation de « précarité mobilité », soit 37 % de la population majeure. Ce chiffre est en hausse constante : ils étaient 15 millions lors du précédent baromètre publié en 2024 et 13,3 millions en 2022, selon ce sondage réalisé par Ipsos BVA auprès de 13 400 personnes.

L'association définit la « précarité mobilité » comme le fait de ne pas avoir la liberté de se déplacer comme on le souhaite ou comme on le doit, ou de devoir renoncer à certains déplacements. Un Français sur dix a par exemple été contraint de refuser un emploi faute de pouvoir se rendre sur son lieu de travail, que ce soit pour des raisons financières ou d'isolement géographique.

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La mobilité, nouvelle cause de fragilité économique

L'étude souligne que la mobilité est « devenue un facteur de précarité et aggrave les inégalités socio-économiques et territoriales », selon l'association. Wimoov ajoute : « Les difficultés de mobilité ne sont plus seulement la conséquence de la fragilité économique des ménages, elles en deviennent également une cause directe. Faute de pouvoir absorber la hausse du coût des carburants, les ménages modestes sont de plus en plus conduits à arbitrer entre mobilités, alimentation, énergie, chauffage ou santé - voire de renoncer à certains de ces besoins essentiels. »

Cette évolution transforme la mobilité en un enjeu social majeur, qui touche de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables et les territoires les moins desservis.

Les jeunes particulièrement touchés par les renoncements

Si les jeunes se disent globalement satisfaits de leurs possibilités actuelles de déplacement (88 %), les chiffres révèlent une réalité plus contrastée. Près des trois quarts des 18-24 ans ont renoncé à un déplacement du quotidien au cours des cinq dernières années, contre 40 % en moyenne nationale.

Un tiers des 18-24 ans ne détient pas le permis de conduire, principalement pour des raisons de coût, et 62 % d'entre eux évitent fréquemment de se déplacer pour ne pas trop dépenser. Ces renoncements répétés affectent leur accès à l'emploi, à la formation et à la vie sociale, creusant un peu plus les inégalités générationnelles.

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