Mort de Lyhanna : le choix de l'argent public ailleurs que dans les services publics
Mort de Lyhanna : l'argent public détourné des services publics

Un drame qui interroge le financement des services publics

Le décès de Lyhanna, une fillette de 5 ans, a suscité une vive émotion. Dans une tribune publiée par Le Monde, des professionnels de la protection de l'enfance et des élus locaux dénoncent un choix politique : celui de placer l'argent public ailleurs que dans les services publics. Selon eux, ce choix a directement contribué à la tragédie.

Des services publics en souffrance

Les signataires rappellent que les services de protection de l'enfance manquent cruellement de moyens. « Les travailleurs sociaux sont débordés, les effectifs insuffisants, et les délais d'intervention s'allongent », écrivent-ils. Ils citent des chiffres : entre 2017 et 2023, le budget alloué à l'aide sociale à l'enfance a augmenté de seulement 2 % par an, alors que les besoins ont explosé de 15 %.

« Lyhanna était connue des services sociaux, mais faute de personnel, les visites à domicile étaient espacées de plusieurs mois », explique un éducateur spécialisé sous couvert d'anonymat. « On savait que la situation était dangereuse, mais on ne pouvait pas tout faire. »

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Un choix politique assumé

Les auteurs de la tribune pointent du doigt les décisions budgétaires des gouvernements successifs. « L'argent public a été massivement orienté vers des baisses d'impôts pour les plus riches et des subventions aux entreprises, plutôt que vers les services publics essentiels », affirment-ils. Selon eux, le choix est clair : « Chaque euro non investi dans la protection de l'enfance est un euro qui met en danger les enfants les plus vulnérables. »

Ils rappellent que la France consacre 0,7 % de son PIB à la protection de l'enfance, contre 1,2 % en moyenne dans les pays nordiques. « Ce n'est pas une fatalité, c'est un choix politique. »

Des conséquences tragiques

Le cas de Lyhanna n'est pas isolé. En 2025, 47 enfants sont morts dans des circonstances similaires, selon un rapport de l'Observatoire national de la protection de l'enfance. « Chaque décès évitable est un échec collectif », déplorent les signataires.

Ils appellent à un « plan d'urgence » pour les services de protection de l'enfance, avec un doublement des effectifs et une revalorisation des salaires. « Il en va de la vie des enfants », concluent-ils.

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