Ce mardi 30 juin, une cinquantaine de militants contre le sans-abrisme se sont rassemblés devant la préfecture de l'Hérault à Montpellier, répondant à l'appel de l'antenne locale du Droit Au Logement (DAL) et du Collectif citoyen monté en décembre dernier, au lendemain de la mort d'un jeune SDF dans la ville. Leur mot d'ordre : « La rue peut tuer, même en été ! »
34 morts dans la rue en 2025, un bilan alarmant
Les associations ont rappelé que trente-quatre sans domicile fixe sont décédés dans la rue à Montpellier en 2025, un chiffre qui illustre l'urgence de la situation. Selon Cécile Casagrande, du DAL, « ce n'est pas qu'une question de gestion d'une crise liée à la canicule, mais un problème structurel. Il y a une impréparation totale, qui devient flagrante en cas de coup de chaud ou de coup de froid, mais qui résulte de choix politiques. »
Des revendications immédiates et structurelles
Les manifestants ont dénoncé « le désintérêt des pouvoirs publics » et réclamé à la fois « des mesures d'urgence » et « la construction de plus de logements dédiés aux plus précaires ». Gil, membre du collectif contre le sans-abrisme, a insisté sur la nécessité de sensibiliser la population : « Il faut sensibiliser les Montpelliérains pour redonner de la visibilité à ces personnes à la rue. Leur rappeler que l'espérance de vie d'un ancien SDF, même réinséré, c'est 49 ans ! »
La préfecture et la municipalité interpellées
Interpellée, la préfecture de l'Hérault a indiqué aux manifestants qu'une délégation serait reçue ce jeudi. Parallèlement, une lettre ouverte a été adressée au maire de Montpellier, Michaël Delafosse, pour lui demander des actions concrètes. Les associations soulignent que le nombre de sans-abri a triplé en France en trois ans, une tendance qui se reflète localement et qui nécessite une réponse politique forte.
Un problème structurel au-delà de la canicule
Pour les militants, la crise actuelle ne se limite pas aux épisodes de canicule. L'impréparation des pouvoirs publics face aux vagues de chaleur ou de froid révèle un manque de volonté politique de long terme. Les associations appellent à des solutions durables, notamment la construction de logements sociaux et l'augmentation des places d'hébergement d'urgence.



