Des perquisitions ont été menées en cascade en France et dans plusieurs pays européens, ciblant des individus et des organisations proches de Marine Le Pen et Jordan Bardella, dans le cadre d'une enquête de la justice européenne sur des soupçons de liens avec des mouvements néofascistes. L'opération, coordonnée par le parquet européen, a visé plusieurs domiciles et locaux associatifs, notamment en France, en Belgique et en Italie.
Des perquisitions coordonnées à l'échelle européenne
Selon des sources proches de l'enquête, les perquisitions ont eu lieu simultanément dans plusieurs villes, dont Paris, Bruxelles et Milan. Les enquêteurs cherchent à établir si des fonds européens ont été détournés pour financer des activités d'extrême droite radicale. L'affaire impliquerait des membres du Rassemblement National (RN) et des figures de la mouvance identitaire.
Parmi les perquisitionnés figurent des proches de Marine Le Pen et Jordan Bardella, dont un ancien conseiller municipal et un responsable de la communication numérique du parti. Les enquêteurs ont saisi des ordinateurs, des téléphones et des documents.
Des soupçons de détournement de fonds européens
L'enquête du parquet européen porte sur des soupçons de détournement de fonds alloués à des associations culturelles et éducatives, qui auraient en réalité servi à financer des groupes néofascistes. Selon une source judiciaire, « les montants en jeu sont significatifs, de l'ordre de plusieurs centaines de milliers d'euros ». Les perquisitions visent à déterminer si des élus RN ont facilité ces détournements.
Un porte-parole du Rassemblement National a dénoncé « une opération politique visant à salir le parti avant les élections européennes ». Cependant, la justice européenne affirme agir « en toute indépendance ».
Des liens avec la mouvance identitaire italienne
L'enquête a également mis au jour des connexions avec des groupes identitaires italiens, notamment la Ligue du Nord de Matteo Salvini et des mouvements plus radicaux comme CasaPound. Des perquisitions ont eu lieu à Milan dans les locaux d'une association culturelle proche de l'extrême droite italienne.
Selon le journal Libération, les enquêteurs s'intéressent à des réunions secrètes qui auraient eu lieu entre des responsables du RN et des leaders néofascistes italiens en 2023. Un ancien responsable de la sécurité du RN aurait participé à ces rencontres.
Des réactions politiques contrastées
Marine Le Pen a qualifié ces perquisitions de « scandaleuses » et y voit une « tentative de déstabilisation » à l'approche des élections. Jordan Bardella, président du RN, a évoqué « une chasse aux sorcières » contre son parti.
De leur côté, les associations antiracistes et des élus de gauche ont salué l'action de la justice européenne. « Il est temps de faire la lumière sur les liens entre l'extrême droite française et les mouvements néofascistes européens », a déclaré un député écologiste.
L'enquête est en cours et pourrait déboucher sur des mises en examen dans les semaines à venir.



