Charges locatives sociales : 300 €/mois en 2024, plus que le privé
Charges locatives sociales : 300 €/mois, plus que le privé

Les locataires de logements sociaux ont déboursé en moyenne 300 euros de charges par mois en 2024, un montant supérieur aux 281 euros réglés en moyenne dans le parc locatif privé. Cette hausse, révélée par l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) dans son panorama publié mardi, marque une augmentation de 24 % des charges locatives du parc social entre 2019 et 2024.

L’énergie et l’entretien pèsent lourd dans les charges

Les dépenses d’énergie représentent plus de la moitié des charges locatives, tandis que l’entretien du bâti – parties communes et intérieur du logement – en constitue un quart. Cette progression est principalement attribuable au bond des prix de l’énergie survenu après la guerre en Ukraine.

L’Ancols explique que l’écart entre le parc social et le parc locatif privé provient essentiellement de l’entretien, en particulier celui des parties communes. Les locataires du parc privé paient en moyenne 16 euros par mois pour ce poste, contre 43 euros dans le parc social.

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Des réserves méthodologiques et des études en cours

L’organisme appelle néanmoins à « rester prudent dans les conclusions qui pourraient être tirées de cet écart ». Les données disponibles ne permettent pas d’apprécier la pertinence et l’efficacité des interventions d’entretien et de réparation effectuées par les bailleurs sociaux.

Serge Bossini, directeur général de l’Ancols, a indiqué lors d’un point presse qu’« une étude est en cours actuellement pour essayer de nomenclaturer de façon plus homogène les pratiques des différents bailleurs pour pouvoir les comparer ».

Des charges qui grèvent le budget des ménages modestes

Le poids des charges locatives dans les dépenses de logement des locataires du parc social s’est accentué, passant de 37,2 % en 2019 à 39,1 % en 2024, en raison d’une croissance des charges plus rapide que celle des loyers. La semaine dernière, le Haut Comité pour le droit au logement (HCLPD) avait déjà alerté sur la part croissante de logements sociaux dont le loyer dépasse le plafond retenu pour le calcul des aides personnalisées au logement (APL), les rendant difficilement abordables pour les ménages modestes.

Des loyers en hausse continue et des impayés en baisse

Serge Bossini a souligné que « l’augmentation des loyers dans le parc social est découplée de la hausse des revenus des ménages qui font partie des 30 % les plus modestes, ce qui est une source de préoccupation générale ». Selon l’Ancols, le loyer moyen d’un logement social, hors charges, est passé de 425 euros en 2023 à 442 euros en 2024, soit une hausse de 3,5 %. Le loyer moyen d’un logement PLS, la catégorie aux loyers les plus élevés, a dépassé pour la première fois les 10 euros/m², en hausse de 9 % sur un an.

Le taux de loyers impayés a quant à lui baissé, passant de 1,7 % en 2023 à 1,6 % en 2024.

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