Xenia Fedorova : un arrêté d'expulsion qui suscite le débat
Xenia Fedorova : arrêté d'expulsion et clarification

La préfecture de police de Paris a notifié, le 28 juillet 2026, un arrêté d'expulsion à l'encontre de Xenia Fedorova, militante et ex-journaliste russe réfugiée en France depuis 2022. Cette décision met fin à plusieurs mois d'incertitude administrative et intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires.

Une situation régularisée par la contrainte

Xenia Fedorova, née en 1985 à Moscou, avait obtenu un premier titre de séjour en 2023 au titre de l'asile. Cependant, son dossier a été réexaminé l'année suivante suite à des informations transmises par les autorités russes, conduisant à un refus de renouvellement. Depuis décembre 2025, elle se trouvait en situation irrégulière. L'arrêté d'expulsion, pris sur le fondement de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, stipule qu'elle doit quitter le territoire français sous trente jours.

Selon la préfecture, cette mesure est motivée par la menace à l'ordre public que représenterait la présence de Fedorova. Un porte-parole a déclaré : « Les activités de Mme Fedorova, bien que légitimes dans leur principe, ont été jugées incompatibles avec les intérêts fondamentaux de la France ». L'opposition a immédiatement dénoncé une décision politique, tandis que des associations de défense des droits humains ont appelé à un recours devant le tribunal administratif.

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Un précédent dans la diplomatie franco-russe

Ce cas n'est pas isolé. Depuis 2022, la France a émis 847 arrêtés d'expulsion contre des ressortissants russes, soit une augmentation de 34 % par rapport à la période 2019-2021, d'après les chiffres du ministère de l'Intérieur. Cependant, seuls 12 % de ces mesures ont été exécutées en raison de recours ou de protections internationales. Fedorova, qui bénéficie du soutien de plusieurs ONG, risque d'être renvoyée vers la Russie où elle encourt des poursuites pour « espionnage ».

Me Jean Dupont, avocat de Fedorova, a qualifié l'arrêté de « clarification salutaire mais injuste ». Il a précisé : « Mon client a toujours respecté les lois françaises. Cette décision repose sur des allégations non vérifiées. Nous formerons un recours en référé pour suspendre l'exécution de la mesure. » L'audience est prévue pour la mi-août.

Les réactions politiques et associatives

Plusieurs députés de la gauche ont interpellé le gouvernement. La députée Écologiste Marie Martin a tweeté : « Expulser une opposante russe, c'est faire le jeu de Poutine. La France doit protéger les défenseurs des droits. » À l'inverse, le député LR Jean-Pierre Durand a salué « une décision ferme qui rappelle que l'asile n'est pas un droit absolu ».

L'association Amnesty International France a dénoncé une « violation des principes de non-refoulement ». Son communiqué rappelle que Fedorova a été menacée de mort en Russie. La préfecture affirme pour sa part avoir examiné sa demande de protection et conclu qu'elle pouvait être réinstallée dans un pays tiers.

Un test pour le droit d'asile en France

Cette affaire illustre les tensions entre sécurité nationale et protection des réfugiés. En 2025, la France a enregistré 145 000 demandes d'asile, dont 78 % ont été rejetées en première instance. Le taux d'expulsion des déboutés reste faible, mais le gouvernement cherche à le renforcer. L'arrêté visant Fedorova pourrait faire jurisprudence. Les observateurs attendent la décision du tribunal administratif, qui devra trancher entre l'ordre public et la protection humanitaire.

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