Usine Cyclamen à Millau : le maire attend le verdict du tribunal
Usine Cyclamen à Millau : le maire attend le verdict

Le projet d'usine Cyclamen à Millau reste suspendu à la décision du tribunal administratif de Toulouse. Entre recours des opposants et prudence du maire, l'avenir industriel du site dépend désormais du verdict judiciaire.

Un recours sur le fond, une procédure en suspens

Le collectif d'opposants et des riverains ont déposé un recours contre l'autorisation préfectorale accordée au projet. Le recours repose sur cinq arguments principaux : des interrogations sur le respect de la santé publique, les règles de sécurité incendie, l'impact environnemental, la compatibilité avec le voisinage, et la recevabilité même de la procédure administrative. Les opposants demandent à la préfète de l'Aveyron de modifier l'arrêté d'autorisation, voire de retirer son accord ou de déclarer le dossier irrecevable.

Pour le maire, cette procédure contentieuse, bien que non suspensive, introduit une incertitude juridique. "Le dossier peut continuer à avancer dans l'attente du jugement, mais je ne vois pas comment il pourrait aboutir sans la décision du tribunal", a-t-il expliqué.

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Un tempo imposé par la justice

Christophe Saint-Pierre insiste : "Aujourd'hui, le tempo, c'est le tribunal administratif qui le donne." La durée de l'instruction reste indéterminée – "ça peut être un an, un an et demi, ou deux ans" – et le maire refuse de préjuger de l'issue. Favorable à l'installation d'une entreprise innovante créatrice d'emplois, il pose toutefois sa condition : l'absence de doutes sur la nature du projet, au nom du principe de précaution. "Si le juge administratif estime que l'installation est conforme aux critères de sécurité et d'environnement, alors on avancera. Mais en l'état, on attend sa décision", précise-t-il.

Un recours au tribunal

Après avoir rencontré toutes les parties prenantes – à l'exception du PDG Arnaud Chaulet – le maire persiste. "Mes déclarations ont toujours été claires : si le projet répond aux exigences, je le soutiendrai. Mais tant que le doute subsiste, je reste prudent." Au cœur du débat : la légitimité de l'autorisation préfectorale. "La préfète a signé sur la base des informations qui lui ont été transmises. Si le tribunal estime qu'elles étaient incomplètes ou erronées, c'est à elle de revenir sur sa décision", explique le maire.

"Aujourd'hui, le dossier n'avance pas"

La préfecture se défend en invoquant le respect strict de la procédure d'enregistrement ICPE. Mais le collectif demande une requalification en procédure d'autorisation, plus contraignante. Christophe Saint-Pierre conclut : "Je ne me prononcerai pas avant la décision du tribunal." Si le recours était rejeté, l'usine Cyclamen pourrait-elle s'installer sans son aval ? "Aujourd'hui, le dossier n'avance pas", répond-il. À Millau, le temps du projet n'est pas celui du politique. Entre enjeux économiques et craintes environnementales, l'issue dépend désormais des juges toulousains.

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