Deux jeunes jugés à Alès pour trafic de stupéfiants rue du Lozère
Trafic de drogue à Alès : deux jeunes devant la justice

Deux jeunes jugés à Alès pour trafic de stupéfiants rue du Lozère

Ce lundi 16 mars, le tribunal d'Alès a examiné le cas de deux jeunes hommes interpellés dans le quartier des Cévennes, plus précisément rue du Lozère, pour des faits liés au trafic de stupéfiants. Les prévenus, âgés de 18 et 20 ans, ont dû s'expliquer devant la présidente de l'audience, Elodie Thebaud, dans une affaire qui met en lumière les mécanismes du deal dans ce secteur.

Une interpellation en février suite à une surveillance policière

Les faits remontent au 9 février, peu après 20 heures. Des policiers en patrouille rue du Lozère ont semblé assister à une transaction liée aux stupéfiants devant l'un des halls d'immeuble. Ils ont d'abord contrôlé un homme vêtu de noir, qui possédait 480 euros en petites coupures mais aucun produit illicite. Un dispositif de surveillance a été mis en place, et cinq minutes plus tard, le même individu ainsi qu'un comparse se sont réinstallés sur les lieux.

Les forces de l'ordre les ont alors observés effectuant de nombreuses transactions avec des clients, avec l'aide apparente d'une jeune mineure qui faisait la navette entre le stock de drogue et les vendeurs. Les deux hommes ont été pris sur le fait et immédiatement interpellés, marquant le début d'une procédure judiciaire qui les a conduits devant le tribunal.

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Des défenses fragiles face aux interrogatoires de la présidente

Devant la présidente Elodie Thebaud, les deux prévenus ont tenté de se justifier avec des arguments peu convaincants. Le premier a déclaré : "J'allais manger avec des amies. Les policiers m'ont embarqué parce que j'étais dans la rue." Son comparse a ajouté : "Je ne le connais pas. J'étais chez ma sœur. J'ai été arrêté alors que je n'avais pas de stups sur moi !"

La présidente, agacée, a rétorqué en citant le rapport des policiers : "l'équipage de policiers dit vous avoir entendu crier 'Arah !' à leur approche." Le jeune homme a balbutié en réponse : "'Arah' ? Non. J'ai dit aux autres clients 'Ils arrivent.'" Malgré ses dénégations, la magistrate a maintenu sa conviction, soulignant qu'on ne crie pas "Arah" pour prévenir de simples clients.

Un passé judiciaire et des ressources inexpliquées

Les deux jeunes hommes, tous deux sans emploi, présentaient des profils distincts. Le premier avait déjà quatre condamnations pour vol et recel, tandis que le second n'avait aucun antécédent. Interrogé sur l'origine des 480 euros saisis, le premier a hésité : "De ma tante. Enfin, plutôt de la tante de mon amie. C'était pour acheter quelque chose à la boucherie."

La présidente a également questionné le second prévenu avec ironie : "Vous avez déclaré aux policiers être ici dans le cadre de vacances. La rue du Lozère vous plaît ?", mettant en doute sa version des événements.

Des peines sévères préconisées par l'auditrice de justice

Nazeleh Karimi, auditrice de justice sous la responsabilité du procureur Abdelkrim Grini, a analysé les rôles des deux accusés. Elle a décrit l'un comme "un homme qui gère son terrain comme un cadre" et l'autre comme "un 'client' qui, en vérité, sert à orienter les véritables acheteurs". Pour ces acteurs de ce qu'elle a qualifié de "supermarché du poison", elle a préconisé des peines sévères :

  • Pour le premier : 12 mois d'emprisonnement avec un sursis probatoire de 2 ans
  • Pour le second : une peine ferme de 12 mois d'emprisonnement avec maintien en détention

Les avocats de la défense, Me Sophie Bonnaud et Me Florence Mendez, ont contesté ces demandes. Me Bonnaud a argumenté : "On ne trouve rien qui, sur lui, s'apparente à du trafic de stupéfiants", et a critiqué la sévérité de la peine requise pour le jeune de 20 ans : "une première peine de 12 mois ferme, ce n'est pas ce que j'appelle une main tendue."

Verdict du tribunal : condamnations prononcées

Après délibération, le tribunal d'Alès a condamné les deux jeunes majeurs :

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  1. Le premier, déjà connu des services de police, a vu son sursis de six mois révoqué et a été condamné à 12 mois d'emprisonnement.
  2. Le second a également été condamné à 12 mois d'emprisonnement, mais totalement assortis d'un sursis probatoire.

Cette affaire illustre les défis de la lutte contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers sensibles, où la justice doit composer avec des profils variés et des systèmes de deal organisés. La rue du Lozère reste sous surveillance, et ce verdict envoie un message clair sur les conséquences judiciaires de telles activités illicites.