Un an de prison avec sursis pour le trafic de cannabis d'un jeune cévenol jugé à Alès
Trafic de cannabis : un an de prison avec sursis pour un jeune à Alès

Un jeune cévenol condamné pour trafic de cannabis après son interpellation à Génolhac

Un jeune homme d'une vingtaine d'années originaire des Cévennes a été jugé ce lundi en comparution immédiate au tribunal d'Alès pour une série d'infractions liées aux stupéfiants et à la conduite automobile. Interpellé dans la nuit du 14 février dernier près de Génolhac, il écope finalement d'un an d'emprisonnement entièrement assorti d'un sursis probatoire de deux ans.

Une interpellation mouvementée suite à un tapage nocturne

L'affaire débute lorsque les gendarmes sont appelés pour un tapage nocturne à Génolhac. En chemin, ils repèrent un véhicule roulant à vive allure et se déportant sur la chaussée. Les militaires doivent accélérer jusqu'à 120 km/h sur une route limitée à 80 km/h pour finalement intercepter le conducteur.

À bord du véhicule, les gendarmes découvrent plusieurs éléments compromettants : une balance de précision, différentes substances stupéfiantes, un couteau ainsi qu'une sacoche contenant notamment de la résine de cannabis. Face à ces découvertes, le jeune conducteur présente d'abord des versions contradictoires avant de finalement reconnaître la possession des objets.

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Des messages accablants sur son téléphone portable

L'exploitation du téléphone du prévenu vient considérablement fragiliser sa ligne de défense. Le président du tribunal, Vincent Edel, lit à l'audience des messages échangés sur Snapchat mentionnant clairement des transactions : "Du mou, 230 grammes" ou encore "j'ai du nouveau jaune, je te le fais à 5".

Face à ces éléments tangibles, le jeune homme hésite, contredit le président, puis finit par reconnaître des échanges liés aux stupéfiants tout en les minimisant. Il évoque un système d'achats groupés entre amis pour réduire les coûts, une explication rapidement balayée par le magistrat qui rappelle que "même entre amis, c'est de l'offre et de la cession".

Un individu immature selon l'accusation

Le ministère public, représenté par Quentin Larroque, dénonce sans ambages un trafic organisé. L'avocat général décrit "un individu immature qui minimise en permanence", évoquant une "fausse sincérité". Il souligne particulièrement la présence d'éléments de comptabilité : "C'est curieux que Monsieur tienne des comptes. La mémoire ne suffit pas pour un petit cercle d'amis ? Cela laisse peu de place au doute".

Le parquet requiert finalement deux ans d'emprisonnement dont un an assorti d'un sursis probatoire, avec mandat de dépôt, 1 000 euros d'amende et l'annulation du permis de conduire. Il rappelle que le prévenu, âgé d'à peine 20 ans, avait déjà été condamné en août 2025 pour conduite sous l'empire de l'alcool.

La défense plaide l'immaturité plus que la préméditation

Me Karim Derbal, l'avocat de la défense, présente quant à lui un portrait différent de son client. Il décrit un jeune homme "entré progressivement dans une spirale", davantage par immaturité que par volonté de s'enrichir. "Je ne reconnais pas la personne décrite", insiste-t-il, évoquant un parcours de travail et un projet de formation à venir.

Selon le défenseur, son client a "dévié" sans jamais chercher à structurer un véritable point de deal. Il s'agirait d'une dérive liée à l'âge plus que d'une logique criminelle organisée : "Ce n'est pas quelqu'un qui avait pour but de créer un point de deal à Génolhac".

Le tribunal suit partiellement la défense

Le tribunal suit en partie l'analyse de la défense en prononçant une peine plus clémente que celle requise par le parquet. Outre l'emprisonnement avec sursis, le jeune homme devra effectuer une obligation de soins, un stage de citoyenneté, payer 500 euros d'amende et voir son permis annulé avec interdiction de conduire pendant six mois.

En guise de conclusion, le président Vincent Edel résume le cas en une formule évocatrice : "Une brebis égarée à Génolhac". Cette métaphore pastorale souligne à la fois la responsabilité du jeune homme et son manque de maturité face aux conséquences de ses actes.

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Les analyses toxicologiques ont par ailleurs révélé une consommation récente de THC malgré les déclarations du prévenu affirmant ne plus consommer au volant. "Je ne fume que le week-end. Comme ça, je suis frais en semaine", avait-il tenté de justifier, provoquant le scepticisme du président du tribunal.