La France se hisse sur le podium des pays européens en matière de surpopulation carcérale. Selon les dernières données du ministère de la Justice, notre pays vient de battre un nouveau record peu glorieux avec 88.654 détenus incarcérés au 1er mai. Ce chiffre, qui ne cesse d'augmenter chaque mois, représente une hausse de près de 5.000 prisonniers en un an, soit une augmentation d'environ 6 %. Pendant la même période, seules 750 places supplémentaires ont été créées. En conséquence, le taux d'occupation global atteint 140 % au 1er mai. En Europe, seules la Slovénie et Chypre présentent des taux plus élevés, bien que leurs populations carcérales soient nettement inférieures.
Une densité carcérale alarmante dans les maisons d'arrêt
La densité carcérale est particulièrement préoccupante dans les maisons d'arrêt, où elle atteint 172,6 %. Ces établissements accueillent les personnes condamnées à de courtes peines ou en attente de jugement, donc présumées innocentes. Actuellement, plus de 7.500 matelas sont posés à même le sol dans les prisons, un chiffre en augmentation de 50 % sur un an.
Des promesses de places supplémentaires insuffisantes
Fin janvier, le Conseil de l'Europe avait dénoncé l'état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d'une évolution vers un « entrepôt humain ». La surpopulation, l'insalubrité et les violences y sont particulièrement critiquées. Les surveillants et directeurs de prison alertent depuis des mois sur un système pénitentiaire au bord de l'explosion.
Le ministère de la Justice prévoit d'ouvrir 3.000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027. Cependant, moins d'un tiers des 15.000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été effectivement livrées.



