Soissons : peine de mort requise pour le chien Curtis, quatre ans avec sursis pour son maître
Soissons : peine de mort pour le chien Curtis, sursis pour son maître

Un verdict historique requis après sept ans de polémiques

Le tribunal correctionnel de Soissons, dans l'Aisne, a été le théâtre d'une audience cruciale ce jeudi 5 mars 2026. La procureure Laureydane Ortuno a requis une peine de mort par euthanasie contre le chien Curtis, désigné comme l'unique auteur direct de la mort d'Elisa Pilarski, survenue le 16 novembre 2019 en forêt de Retz. Contre son maître, Christophe Ellul, jugé pour homicide involontaire, la magistrate a demandé quatre ans d'emprisonnement, entièrement assortis du sursis simple.

Une démonstration limpide face à des années de rumeurs

Pendant près de deux heures, la procureure a présenté une argumentation rigoureuse et claire, répondant ainsi à sept années de polémiques tortueuses et de théories complotistes qui ont entouré cette affaire tragique. Son ton, à la fois juste et mesuré, a constitué une réplique ferme au déferlement de haine observé sur les réseaux sociaux et aux menaces de mort qui ont même atteint les cabinets d'avocats et les bureaux des magistrats impliqués dans ce dossier sensible.

« Je souhaite que cette histoire, telle qu'elle a été jugée et débattue, soit désormais la vraie histoire », a déclaré Laureydane Ortuno à l'issue de sa réquisition. Elle a décrit cette affaire comme un « drame » profond pour la famille d'Elisa Pilarski, mais aussi pour Christophe Ellul lui-même, compagnon de la jeune femme de 27 ans qu'il a découverte partiellement déchiquetée, et père de l'enfant qu'elle portait.

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La qualification d'accident et la responsabilité du maître

La procureure a cependant insisté sur le fait qu'il s'agissait également d'un « accident » auquel, selon l'accusation, Christophe Ellul a contribué par son comportement. Les débats ont mis en lumière les circonstances complexes de cette journée de novembre 2019, où la promenade en forêt a tourné au cauchemar. La défense de M. Ellul, représentée par son avocat Alexandre Novion, a plaidé l'absence d'intention criminelle, soulignant le choc et le traumatisme subi par son client.

L'arrivée de Christophe Ellul et de son conseil au tribunal de Soissons, le 3 mars 2026, avait marqué le début des audiences finales de ce procès très médiatisé. Les familles des parties civiles, ainsi que les représentants des associations de défense des animaux, suivent avec une attention particulière les développements judiciaires, dans une affaire qui interroge à la fois la responsabilité pénale des propriétaires d'animaux et les limites de la dangerosité canine.

La décision du tribunal, attendue dans les prochaines semaines, pourrait créer un précédent important dans la jurisprudence française concernant les accidents mortels impliquant des animaux domestiques. Les réquisitions de la procureure Ortuno visent à clore un chapitre douloureux, tout en établissant une vérité judiciaire face aux nombreuses spéculations qui ont entravé le travail des enquêteurs et de la justice pendant des années.

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