L'État, en plein cœur d'une tempête après l'affaire Lyhanna, tente par tous les moyens de comprendre les failles qui ont mené à la mort de la jeune fille de 11 ans. Cette fois-ci, c'est le Sénat qui a annoncé lancer une commission d'enquête sur les dysfonctionnements de la justice. En effet, la commission des Lois de la chambre haute a acté, ce mercredi matin, la constitution d'une mission d'information sur « le pilotage de la politique pénale et la prévention de ses dysfonctionnements », a indiqué sa présidente Muriel Jourda.
Cette mission d'information demandera l'octroi des pouvoirs de commission d'enquête, ce qui lui donnera des prérogatives d'audition et d'investigation élargies. Muriel Jourda sera la rapporteure de cette mission de contrôle transpartisane aux côtés de plusieurs référents désignés au sein de chaque groupe politique, ont indiqué plusieurs sénateurs de la commission.
Darmanin et Laurent Nuñez déjà auditionnés par la commission des Lois
L'objectif sera de « déterminer le caractère systémique des dysfonctionnements », a promis Gérard Larcher en ouverture de la séance de Questions au gouvernement. « Nous en tirerons toutes les conséquences », a-t-il ajouté en s'adressant notamment au garde des Sceaux Gérald Darmanin, appelant à « faire toute la lumière sur ce qui s'est passé et établir les responsabilités », auxquelles « nul ne peut se dérober ». La constitution d'une commission d'enquête avait été mise sur la table par le président du groupe LR, Mathieu Darnaud, et le président des Républicains, Bruno Retailleau, après avoir échangé à ce sujet durant le week-end.
La commission des Lois a auditionné mardi matin les ministres Gérald Darmanin et Laurent Nuñez sur cette affaire qui bouleverse la France et fragilise profondément l'exécutif, alors que le principal suspect avait fait l'objet de plusieurs signalements et plaintes pour des violences sexuelles sur mineures.
Un état des lieux national des violences dans le périscolaire
Une autre commission d'enquête a été lancée mercredi par le Sénat sur un sujet connexe, celui des violences commises sur les mineurs dans le cadre périscolaire. La sénatrice de Paris Agnès Evren (Les Républicains), qui en est à l'origine et devrait être nommée rapporteure, a promis dans un communiqué d'établir « pour la première fois un état des lieux national des violences commises dans le cadre périscolaire » en France.
Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a lui aussi annoncé la constitution d'une commission d'enquête indépendante sur le scandale du périscolaire dans la capitale, où 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour « suspicion de violences sexuelles ou sexistes ».



