Procès libyen : la défense de Sarkozy dénonce un « roman grotesque »
Sarkozy : sa défense fustige un « roman grotesque »

Au procès de l'affaire dite de l'argent libyen, la défense de Nicolas Sarkozy a livré jeudi ses ultimes arguments, fustigeant un « roman grotesque » bâti selon elle par l'accusation. Me Philippe Bouchez El Ghozi, l'un des avocats de l'ancien président, a dénoncé une « construction artificielle » reposant sur des témoignages « indignes de foi » et des « extrapolations ». Il a notamment visé les déclarations de l'intermédiaire Ziad Takieddine, qualifié de « menteur pathologique ».

Une défense qui contre-attaque

Les avocats de Nicolas Sarkozy ont tenté de démontrer que les accusations de financement illicite de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi relevaient du pur fantasme. Ils ont souligné les contradictions entre les différents témoins et l'absence de preuves matérielles. « Il n'y a aucun document, aucune trace, aucun transfert d'argent qui ait été démontré », a insisté Me Bouchez El Ghozi.

Les faiblesses de l'accusation pointées du doigt

La défense a également mis en avant les pressions qui auraient été exercées sur certains témoins, notamment l'ancien ministre Brice Hortefeux, pour qu'ils modifient leurs déclarations. « On a essayé de faire dire à des gens ce qu'ils n'avaient pas dit », a affirmé l'avocat. Il a aussi critiqué la méthode d'enquête, évoquant des « fuites organisées » dans la presse pour nuire à son client.

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Un réquisitoire sévère attendu

Le parquet national financier (PNF) doit requérir dans les prochains jours, et la défense redoute un réquisitoire sévère. « Nous ne sommes pas dans un état de droit, mais dans un état de justice politique », a tonné Me Bouchez El Ghozi, dénonçant une instrumentalisation de la justice à des fins médiatiques. Les avocats de Nicolas Sarkozy espèrent que les juges sauront faire preuve d'« indépendance » et ne pas céder à la « pression médiatique ».

Ce procès, qui dure depuis plusieurs semaines, a vu défiler de nombreux témoins, dont certains ont livré des versions contradictoires. L'ancien président, qui a toujours nié les faits, risque jusqu'à dix ans de prison et une peine d'inéligibilité. La décision du tribunal est attendue dans les semaines à venir.

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