Sacem : 175 ans de soutien à la création et aux territoires
Sacem : 175 ans de soutien à la création et aux territoires

La Sacem, forte de ses 251 000 membres et de ses 60 délégations territoriales, célèbre cette année ses 175 ans. À cette occasion, Christine Lidon, présidente du conseil d'administration et récemment nommée présidente Côte d'Azur, et Marie Lopez, directrice territoriale Côte d'Azur, détaillent les missions souvent méconnues de cette société civile à but non lucratif, qui vont bien au-delà de la simple collecte des droits d'auteur.

Une présence territoriale et un soutien financier aux projets locaux

« La Sacem est une société civile à but non lucratif qui appartient aux auteurs, compositeurs et éditeurs. Soit 251 000 membres. La direction générale et les salariés, dont je fais partie, travaillent pour eux. La Sacem a cette spécificité d'avoir 60 délégations et 560 collaborateurs, ancrés dans les territoires français », explique Marie Lopez. Cette présence se traduit par un soutien financier direct : « Sur notre secteur, nous soutenons cette année 43 projets, détaille Marie Lopez : 14 festivals, comme les Nuits Blanches du Thoronet dans le Var, les Nuits Carrées à Antibes, ou à Breil-sur-Roya, et trois lieux de diffusion, Le Frigo 16 à Nice, Tandem [scène départementale varoise], La School à Antibes. Le Frigo 16, par exemple, c'est 130 concerts d'émergence par an. »

Ce soutien s'appuie sur des mécanismes institués par la loi. « La loi Lang de 1985 impose que 25 % des recettes de la copie privée [prélevée sur les supports numériques comme les smartphones, ndlr] soient consacrés à l'action culturelle, précise Christine Lidon. C'est environ 17,5 millions d'euros au niveau national, réinjectés pour soutenir la création et le live. » Le programme Tous en live aide également les cafés-restaurants « à hauteur de 200 euros par concert pour revitaliser la culture dans les communes, même de moins de 3 500 habitants ».

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Des programmes pour l'éducation, l'inclusion et les talents émergents

L'éducation artistique est une priorité. « J'ai impulsé à Nice, puis au niveau national avec l'Éducation nationale, de la Culture et de l'Agriculture, le programme Les Fabriques à Musique. Un artiste vient coacher des élèves pour écrire et composer une chanson, restituée ensuite lors d'un concert. Cela déclenche des vocations et crée une dynamique d'accès à la culture », rappelle Christine Lidon. Le programme In situ permet d'introduire la création musicale dans les hôpitaux, les prisons et les établissements médico-sociaux. Un fonds de dotation est également dédié à faire de la création musicale un levier d'inclusion, de diversité et de lien social.

La Sacem soutient aussi les jeunes talents. « Le 26 juillet dernier, Sacem Université a co-organisé un tremplin. Sur 126 candidatures régionales, six groupes se sont produits et trois lauréats vont bénéficier de cinq semaines de formation professionnelle intensive pour intégrer la programmation future », précise Marie Lopez. Cet événement s'est déroulé dans le cadre du Nice Jazz Fest.

Face à l'IA, un appel à la régulation et à la responsabilité

La Sacem se positionne également face aux défis de l'intelligence artificielle générative. « C'est le Far West ! résume Christine Lidon. Des plateformes d'IA s'abreuvent sans autorisation dans notre répertoire. Sur certaines, 40 000 contenus par jour sont générés par des IA et parfois écoutés par d'autres IA. La perte de revenus pour les artistes est estimée à 27 % d'ici 2028. Nous nous battons pour une régulation stricte. »

« Nous appelons à la responsabilité des consommateurs, poursuit Marie Lopez. Derrière une chanson, il y a des artistes qui essaient de vivre de leur art, particulièrement en région. Acheter ou écouter de l'IA non régulée, c'est appauvrir le tissu économique local. Un festival ou un concert génère des retombées pour les hôtels, les commerces, les villages. Si les auteurs ne peuvent plus vivre de leur métier, l'écosystème s'effondre. »

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Une solidarité renforcée face aux crises et aux catastrophes

La Sacem joue un rôle de solidarité envers les artistes touchés par des aléas. « Les sociétaires peuvent verser 0,5 % de leurs droits au Comité du Cœur. Lors du Covid, très récemment aussi pour soutenir les artistes touchés par les feux de forêt dans le Sud, nous débloquons des aides d'urgence en 72 heures, précise Marie Lopez. Même lorsqu'un festival doit être annulé pour intempéries, la Sacem maintient ses subventions pour ne pas pénaliser les organisateurs. »

Concrètement, la Sacem s'associe au concert « SOS Solidarité Incendies » du 27 août prochain, avec un double soutien total de 75 000 euros : 50 000 euros au titre de son action culturelle pour la production de l'événement et 25 000 euros de droits d'auteur reversés à la Fondation de France. Elle suspend également la facturation des droits d'auteur jusqu'au 15 septembre 2026 et annule automatiquement les dossiers des événements interdits par arrêté préfectoral. Enfin, elle maintient 100 % de ses aides pour les festivals annulés en raison de canicule ou de fortes chaleurs.

Christine Lidon conclut : « La musique a ce pouvoir unique de rassembler et de transformer l'émotion en action. Face aux drames provoqués par les incendies, la solidarité est une évidence. En soutenant ce concert, la Sacem est fidèle à sa mission : être aux côtés des créatrices et des créateurs, mais aussi contribuer, lorsque les circonstances l'exigent, à des élans collectifs qui mettent la musique au service de l'intérêt général. »