Une enquête ouverte sur la réouverture du site Coco, devenu Cocoland
Le parquet de Paris a annoncé mardi 28 avril l'ouverture d'une enquête sur la réapparition du site internet Coco, désormais accessible sous le nom de Cocoland. Cette enquête a été confiée à l'unité cyber de la gendarmerie nationale, comme l'a indiqué le ministère public à l'AFP.
Fermée par la justice en juin 2024, la plateforme Coco est accusée d'avoir facilité la commission d'agressions sexuelles et de guet-apens homophobes, notamment dans le cadre de l'affaire Pelicot. Dominique Pelicot aurait utilisé ce site pour recruter des dizaines d'hommes afin de violer sa femme, Gisèle Pelicot.
Un fonctionnement inchangé et controversé
Le quotidien Ouest France avait révélé la réouverture du site, avec une nouvelle adresse URL et sous le nom de Cocoland. La nouvelle version reprend le même fonctionnement controversé : gratuité, anonymat et absence d'inscription. Pour y accéder, l'utilisateur n'a qu'à renseigner un pseudonyme, son âge et son code postal, sans aucune vérification d'identité.
Jusqu'à cette réapparition, les investigations sur la plateforme Coco étaient décrites comme « bien avancées » par une source proche du dossier. Le parquet a précisé que l'enquête porte spécifiquement sur la réouverture du site.
Un site au cœur de 23 000 affaires pénales
Immatriculé à l'étranger, le site Coco est considéré comme un repère de prédateurs par des associations de protection de l'enfance. Il est mis en cause dans des guet-apens homophobes et des agressions sexuelles. Au total, Coco est cité dans 23 000 affaires pénales.
Son fondateur, l'Italien Isaac Steidl, a été inculpé le 9 janvier 2025 à Paris pour complicité de trafic de stupéfiants, de détention et diffusion d'images pédopornographiques, de corruption de mineur via Internet et association de malfaiteurs. Il conteste ces accusations.
Une « vraie gifle » pour la protection de l'enfance
La haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, avait alerté mi-avril sur la résurgence du site. Sur RMC, le 18 avril, elle a déclaré : « Le retour du site Coco, c'est une vraie gifle à la promesse de protection qu'on fait. » Avant d'ajouter : « On les traquera, on les harcèlera. »
Cette réouverture suscite une vive indignation parmi les associations de protection de l'enfance et les autorités, qui promettent de tout mettre en œuvre pour empêcher la plateforme de prospérer.



