Relaxe générale prononcée cinq ans après la mort tragique d'un étudiant en médecine
Le tribunal correctionnel de Lille a rendu son verdict mercredi, prononçant la relaxe des trois étudiants mis en cause ainsi que de l'Université de Lille. Cette décision intervient près de cinq ans après le décès de Simon Guermonprez, un jeune étudiant en médecine âgé de 19 ans, survenu dans la nuit du 8 au 9 juillet 2021 en marge d'une soirée d'intégration.
Absence de preuves concernant le bizutage et l'ivresse
Le parquet avait requis cette relaxe générale lors de l'audience du 20 janvier, et le tribunal a suivi cette orientation. Les magistrats ont estimé que les investigations menées n'avaient pas permis d'établir plusieurs éléments essentiels pour caractériser les infractions reprochées.
La présidente du tribunal a souligné avec précision qu'aucune preuve ne démontrait que la victime était en état d'ivresse au moment des événements. De même, il n'a pas été établi que Simon Guermonprez avait été contraint de consommer de l'alcool ou qu'il avait subi des actes humiliants ou dégradants pouvant relever du bizutage.
Concernant la soirée d'intégration organisée par des étudiants plus âgés, la présidente a précisé que « aucun des trois étudiants, dont l'une avait prêté son appartement pour la soirée, n'a proposé ce soir-là d'alcool à M. Guermonprez ». Elle a ajouté que les consommations étaient fortement coupées, avec « une dose d'alcool pour cinq doses de boisson non-alcoolisée ».
Un comportement qui ne révélait pas d'état d'ébriété
Les témoignages recueillis lors de l'enquête et du procès ont unanimement décrit un jeune homme qui « n'avait pas l'air ivre, n'était pas dans un état second, ne titubait pas, ne bégayait pas ». Ces observations ont été corroborées par les images des caméras de vidéosurveillance, a rappelé la présidente en rendant sa décision.
Simon Guermonprez, admis en deuxième année de médecine à l'Université de Lille, avait participé à cette soirée d'intégration avant d'être déposé vers minuit en Uber devant le domicile familial dans la métropole lilloise.
Les circonstances tragiques de l'accident mortel
Après avoir été déposé chez ses parents, le jeune homme s'est ensuite rendu sur un pont surplombant l'autoroute A27. Selon les éléments de l'enquête, il a pris un selfie avant d'être mortellement percuté par un camion circulant sur l'autoroute en contrebas.
Les investigations suggèrent qu'il aurait pu tenter de récupérer son téléphone tombé sur les voies de circulation. Le chauffeur du poids lourd, un homme de 50 ans, avait affirmé à l'audience que le jeune homme se trouvait initialement sur la bande d'arrêt d'urgence avant de se « jeter » sous son véhicule.
« Je n'ai pas eu le temps de piler, il s'est jeté », avait déclaré le conducteur à la barre. Le tribunal a confirmé cette version, soulignant que « M. Guermonprez avait enjambé » la rambarde de sécurité et estimant que le chauffeur n'avait « commis aucune faute ».
La position de la famille en désaccord avec la décision
Daniel Guermonprez, le père de la victime, avait vivement contesté la thèse d'un suicide lors du procès. Il avait estimé que la « seule conclusion » possible était que son fils était « désorienté à cause de l'alcool » au moment des faits.
Cette relaxe générale met fin à une procédure judiciaire longue et douloureuse pour toutes les parties impliquées. L'Université de Lille, poursuivie pour homicide involontaire, a également été relaxée, tout comme le chauffeur routier qui avait percuté le jeune étudiant.
La décision du tribunal de Lille souligne la difficulté à établir la responsabilité pénale dans des affaires complexes où les circonstances exactes des événements restent partiellement obscures malgré des investigations approfondies.



