Mercredi 6 mai 2026, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté un recours de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) contre l'arrêté anti-mendicité pris par le nouveau maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès. Cette décision, la première de son mandat, avait suscité une vive indignation. La présidente de la LDH, Nathalie Tehio, a exprimé son regret tout en affirmant que le combat se poursuivrait.
Une décision controversée
Christophe Barthès, ancien député RN de l'Aude, a multiplié les mesures contestées depuis son élection. Fin mars, il avait signé un arrêté municipal interdisant la mendicité, considérée comme un trouble à l'ordre public. La LDH avait déposé un recours début avril, estimant que cet arrêté visait en réalité à éloigner les personnes en situation de précarité du centre-ville entre 11 heures et 23 heures, sans fondement concret.
Les arguments du tribunal
Le juge administratif a justifié son rejet en considérant qu'il n'existait pas de doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. Selon le tribunal, les troubles à l'ordre public liés à la mendicité agressive et à la consommation d'alcool sur la voie publique sont démontrés. La commune a fourni des preuves de 80 interventions de la police municipale entre novembre 2025 et mars 2026.
La réaction de la LDH
Nathalie Tehio a fustigé une décision antisociale, soulignant que l'interdiction de la mendicité aggrave la situation des personnes en grande pauvreté, pour qui la mendicité est un moyen de subsistance. Elle a annoncé que la LDH poursuivrait le recours au fond en annulation, qui sera examiné par le tribunal en formation collégiale en 2027.
Cette affaire illustre les tensions autour des politiques municipales visant à réguler la mendicité, entre maintien de l'ordre public et protection des plus vulnérables.



