Rapport accablant sur l'affaire Lyhanna : dysfonctionnements en série pointés
Rapport accablant sur l'affaire Lyhanna : dysfonctionnements

Le rapport conjoint de l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et de l'inspection générale de la Justice (IGJ) sur l'affaire Lyhanna, rendu public ce lundi, met en lumière une série de dysfonctionnements dans le traitement des dossiers de violences sexuelles contre des enfants. Selon les rapporteurs, « l'urgence n'a pas été prise en compte », soulignant des manquements graves de la part des enquêteurs.

Des dysfonctionnements en cascade

Le rapport, très attendu après la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans, retrouvée sans vie dans le Gers, pointe une « succession d'erreurs, de négligences, d'inactions et de mauvaises décisions ». Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a réagi en estimant que la mission avait « établi une vérité d'une extrême gravité », à savoir que « la chaîne de protection a failli ». Il a promis de ne pas se « défausser » face à cette situation.

L'affaire a provoqué une onde de choc dans tout le pays. Le principal suspect, Jérôme Barella, n'avait jamais été inquiété alors qu'il était visé par une plainte déposée en août par la mère de Rosa, une enfant de 10 ans, qui l'accusait de l'avoir violée « une cinquantaine de fois ». Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, avait alors pointé du doigt des fautes individuelles des magistrats, ce qui a conduit au réexamen en urgence de 70.000 dossiers de plaintes touchant des enfants.

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134 personnes en détention provisoire

Le gouvernement a déjà tiré les premiers enseignements de cette affaire. Le réexamen en urgence des 70.000 dossiers, avec le 14 juillet comme date butoir, a déjà abouti au placement de 134 personnes en détention provisoire pour violences sexuelles. Cette mesure vise à protéger les enfants et à répondre à l'indignation publique.

La mort de Lyhanna continue de susciter une forte mobilisation. De nouveaux rassemblements sont prévus ce lundi devant plusieurs tribunaux pour réclamer une meilleure protection des victimes de violences sexuelles et sexistes. La colère des familles ne retombe pas, et l'une d'entre elles va déposer une plainte contre l'État pour « faute lourde » et saisir la Cour de Justice de la République contre Gérald Darmanin.

Pression sur l'exécutif pour une loi

L'exécutif est sous pression pour qu'un texte vienne répondre à l'urgence. Une loi dite « intégrale » de 78 articles, portée par une centaine de députés de la gauche et de la coalition gouvernementale, est en attente. Ce lundi, Sébastien Lecornu a réitéré sa volonté prioritaire de renforcer le projet de loi sur la protection de l'enfance « lors d'un tout prochain Conseil des ministres ».

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