Prostitution : une proposition de loi historique élaborée avec les travailleurs du sexe
Prostitution : une loi co-écrite avec les travailleurs du sexe

Prostitution : une proposition de loi historique élaborée avec les travailleurs du sexe

Pour la première fois en France, une proposition de loi portée par la sénatrice écologiste Anne Souyris a été élaborée en collaboration directe avec des travailleuses et travailleurs du sexe. Ce texte, déposé la semaine dernière, vise à intégrer le travail sexuel au droit commun, marquant une étape potentiellement décisive dans le débat sur la dépénalisation de la prostitution.

Un anniversaire et une nouvelle initiative

Le 13 avril 2026 a marqué les dix ans de la loi Olivier-Coutelle, qui a supprimé le délit de racolage pour pénaliser les clients de la prostitution. Initialement conçue pour protéger les travailleurs du sexe, cette loi est aujourd'hui critiquée par beaucoup pour avoir, au contraire, accru les risques et les dangers auxquels ils sont exposés. C'est dans ce contexte que la proposition de loi d'Anne Souyris cherche à apporter des solutions concrètes.

Les objectifs clés de la proposition

La proposition de loi fixe plusieurs objectifs ambitieux :

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  • Mettre fin aux infractions spécifiques à la prostitution et intégrer pleinement le travail du sexe dans le droit commun.
  • Abolir la pénalisation des clients, une mesure controversée de la loi précédente.
  • Rendre illégaux les arrêtés municipaux qui continuent de cibler les travailleurs du sexe, assurant une protection juridique uniforme sur l'ensemble du territoire.

Cette approche collaborative, impliquant directement les personnes concernées dans la rédaction du texte, représente une innovation majeure dans le processus législatif français. Elle vise à garantir que les mesures proposées répondent aux réalités et aux besoins des travailleurs du sexe, souvent marginalisés dans les débats politiques.

Un débat relancé sur la dépénalisation

Cette initiative pourrait relancer le débat autour de la dépénalisation totale de la prostitution en France. En s'appuyant sur les retours des travailleurs du sexe, la proposition cherche à créer un cadre juridique plus sûr et plus équitable, contrastant avec les effets pervers attribués à la loi Olivier-Coutelle. Des rassemblements, comme celui de Lyon le 17 décembre 2020 lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des travailleuses et travailleurs du sexe, rappellent l'importance de ces enjeux pour la société civile.

Alors que le texte est actuellement réservé aux abonnés pour une lecture complète, son dépôt au Sénat ouvre la voie à des discussions parlementaires qui pourraient transformer durablement le statut juridique des travailleurs du sexe en France.

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