Au procès du clan Yoda, Félix Bingui nie tout lien avec le narcotrafic
Procès Yoda : Félix Bingui rejette les accusations

Ce vendredi 29 mai, Félix Bingui, le Gardois chef présumé du clan Yoda, a nié toute implication dans le narcotrafic lors de son procès devant la septième chambre du tribunal correctionnel de Marseille. Jugé aux côtés de 19 co-prévenus, il comparait dans un dossier portant sur le trafic de stupéfiants du quartier de La Paternelle, entre 2021 et 2023.

Une défense ferme dès les premières questions

Dès le rappel des faits qui lui sont reprochés, Félix Bingui a posé sa défense : « Non, je ne reconnais pas ces faits ». Surnommé Féfé ou le Chat, il a fermement nié tout lien avec l'organisation criminelle Yoda, spécialisée dans le narcobanditisme, et a réfuté les accusations de trafic de stupéfiants. Interrogé pendant près de huit heures, il n'a pas flanché sous le débit des questions.

La présidente du tribunal a d'abord demandé : « Quels co-prévenus reconnaissez-vous ? ». Debout dans le box, vêtu d'une chemise beige, crâne rasé, flegmatique, Félix Bingui a répondu : « Sur 19 ou 20 personnes, je n'en connais que six ou sept ». Il a détaillé ses relations avec ce petit groupe, notamment avec son bras droit présumé, Hussein S., alias Pirate, rencontré en prison en 2010 et revu en 2020. Selon Bingui, la plupart des prévenus se connaissent via des activités communes rue Thubaneau, un lieu où, selon l'enquête, des rencontres régulières avaient lieu.

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Le rôle de chef contesté

La présidente a pointé des écoutes téléphoniques où plusieurs protagonistes le présentent comme un chef d'équipe. Bingui a répondu : « Ce doit être parce que je suis le plus âgé d'entre eux… sinon, non ». Il a rappelé n'avoir jamais été violent et ne pas comprendre pourquoi les gens auraient peur de lui. Interrogé sur une conversation où une prévenue, veuve de son beau-frère assassiné, décrivait les co-prévenus comme « tous fans, c'est le fan-club de Félix », il a déclaré ne pas pouvoir l'expliquer.

Concernant l'assassinat du mari de cette prévenue, Bingui a affirmé que cela « n'avait rien à voir » avec lui, évoquant une possible erreur de cible et le rôle des réseaux sociaux dans la propagation de rumeurs. Il a insisté : « Je suis dans un dossier où on me dit à la tête d'un réseau, mais je n'ai rien à voir avec ça ».

La guerre des clans et les voyages luxueux

La présidente a abordé la guerre entre les clans Yoda et DZ Mafia, qui a fait 49 morts en 2023. Bingui a nié être à la tête de l'un d'eux, attribuant cette réputation à des « choses entendues dans la rue ». Il a affirmé n'avoir eu « zéro conflit » jusqu'à présent. Sur l'origine de la guerre, partie d'une altercation en Thaïlande, il a déclaré que son groupe n'avait rien à voir.

Interrogé sur ses allers-retours réguliers entre Marseille, l'Espagne, Dubaï et le Maroc, ses séjours dans des hôtels de luxe et ses déplacements en voitures de location, Bingui a expliqué venir à Marseille pour voir sa mère ou jouer aux cartes. Pour justifier son train de vie luxueux, il a évoqué des économies issues d'un business de location de voitures, des gains aux jeux, et un emploi de cuisinier à Nîmes. Une défense partagée par de nombreux prévenus.

L'avocat général a demandé une requalification des faits de blanchiment d'argent en lien avec le trafic de stupéfiants en « blanchiment simple » et « blanchiment en bande organisée » pour la quasi-totalité des prévenus. L'audience reprendra lundi et doit durer jusqu'au 5 juin.

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