Le procès pour le meurtre de Steven Apfelbaum, survenu en 2022 à Espondeilhan, s'est poursuivi ce jeudi 11 juin devant la cour d'assises de l'Hérault. La journée a été marquée par l'examen psychiatrique des trois accusés et par de vives tensions. La famille de la victime rejette fermement la thèse d'une altération du discernement.
La détresse de la mère de Steven
« J'attendais qu'ils assument, insiste Sandrine Apfelbaum, la mère de Steven. Leur folie, leur manque de discernement au moment des faits, je n'y crois pas. C'est trop facile d'avancer pareille défense. » Après une journée à écouter les experts détailler la personnalité des accusés, la famille encaisse les coups.
Ce jeudi, les experts se succèdent à la barre pour éclairer la personnalité des trois accusés, qui doivent répondre de meurtre, de complicité de meurtre et de non-dénonciation du crime de Steven Apfelbaum, tué le 20 avril 2022 à Espondeilhan.
Les déclarations des accusés
Jonathan Cabanel est décrit « comme un homme fragile dont la vie cahotique est un véritable désastre ». Il a vécu l'assassinat de sa mère et a été gravement blessé par l'assassin qui, à 22 reprises, lui a infligé des coups de couteau. « Les coups de couteau qu'il a donnés à Steven Apfelbaum peuvent-ils être perçus comme étant ceux qu'il a reçus ? », demande Me Jessica Guy, son avocate. L'experte répond par l'affirmative. Cabanel se décrit comme un monstre qui a tué son ami : « Si je n'avais pas pris de drogue, jamais je n'aurais tué Steven. »
Anthony Trapani, le complice, a été contraint à deux reprises de quitter la salle d'audience pour se calmer. Il se voit comme « un autiste Asperger, un homme aux mille visages qui, dans sa folie, s'est déclenché une identité imaginaire. Je n'existe pas vraiment. C'est le but de me faire passer pour un jobard. Ça marche. » L'experte relève qu'il a eu une enfance difficile et des troubles psychologiques : « Il joue de Camille Claudel comme d'une soupape de sécurité. »
Comme pour Cabanel, l'expert aborde l'altération du discernement, ce qui inquiète un peu plus la famille. La personnalité d'Élodie Cuvato, troisième accusée qui n'a pas dénoncé les faits, est à peine évoquée. Elle n'est pas présente à l'audience pour cause d'hospitalisation.
Trapani sous mandat de dépôt
« Pour être franche, leur “J'ai tué, mais” n'est pas entendable, insiste encore la mère de famille. Mon fils n'avait pas de troubles psychologiques, il vivait une grave dépression. Il travaillait et n'était pas handicapé par cette dépression. Sa tête fonctionnait parfaitement. Pour moi, tous les trois savaient parfaitement ce qu'ils faisaient. Je suis persuadée qu'ils l'avaient frappé chez Cabanel et c'est pour cela qu'on a l'impression qu'il ne bouge pas quand on le voit sortir sans broncher alors qu'il a les mains liées. »
Sandrine Apfelbaum revient sur le procès alors que, dans la salle des pas perdus, Trapani vient importuner sa famille pour la énième fois. « On ne peut pas imaginer ce que nous vivons. Nous avons envie de réagir et nous ne le pouvons pas. Ce procès, on le vit sur l'instant, mais on ne sait jamais ce qui va arriver. Nous n'espérons finalement qu'une seule chose, qu'ils soient punis à la hauteur de ce qu'ils ont fait et qu'ils souffrent autant que nous. »
À la reprise de l'audience, l'avocat général Jean-Luc Beck demande le mandat de dépôt d'Anthony Trapani, dont le comportement oppresse les proches de Steven. Le président Éric Emmanuélidis demande à l'accusé de se justifier et la tension monte. Trapani monte dans les tours, parle à tort et à travers. Chaque partie s'exprime, Me Michel Pierchon tente de défendre son client, qui risque la prison la veille du verdict. « Je ne crois pas un instant, persifle le président, que vous soyez idiot. Un regard, une mimique, quelque attitude que ce soit et vous serez dans le box demain. C'est l'ultime avertissement. » Trapani échappe au mandat de dépôt sur le fil.



