Le tribunal correctionnel de Rennes s'apprête à juger, pendant trois semaines, une affaire hors du commun : la traque transfrontière menée contre le dissident azerbaïdjanais Mahammad Mirzali. Ce dernier est accusé d'avoir tenté d'assassiner un opposant politique à Bakou, avant de fuir en Europe. L'enquête, qui a mobilisé les polices de plusieurs pays, met en lumière les méthodes utilisées par les services de sécurité azerbaïdjanais pour traquer leurs opposants à l'étranger.
Une traque internationale
Les faits remontent à 2019. Mahammad Mirzali, ancien haut fonctionnaire devenu dissident, est soupçonné d'avoir commandité une tentative d'assassinat contre un journaliste d'investigation azerbaïdjanais exilé en France. L'attaque, déjouée in extremis, aurait été préparée avec la complicité de plusieurs agents azerbaïdjanais infiltrés en Europe. L'enquête, menée par la police judiciaire de Rennes, a révélé un réseau complexe de filatures, d'écoutes et de tentatives d'intimidation.
Les dessous de l'affaire
Le procès s'annonce comme un véritable feuilleton judiciaire. Les débats porteront sur la validité des preuves collectées, notamment les écoutes téléphoniques et les images de surveillance. La défense de Mirzali, qui clame son innocence, dénonce une instrumentalisation politique par le régime de Bakou. De son côté, l'accusation met en avant des éléments accablants, dont des transferts financiers suspects et des témoignages de repentis.
Un enjeu diplomatique
Cette affaire revêt une dimension diplomatique sensible. L'Azerbaïdjan a officiellement demandé l'extradition de Mirzali, mais la France refuse, invoquant le risque de persécution politique. Le procès est suivi de près par les organisations de défense des droits de l'homme, qui y voient un test pour l'indépendance de la justice française face aux pressions étrangères.
Trois semaines de débat
Pendant trois semaines, la cour d'assises de Rennes va examiner en détail les preuves et les témoignages. L'issue de ce procès pourrait avoir des répercussions sur les relations entre la France et l'Azerbaïdjan, ainsi que sur la protection accordée aux dissidents en exil. Le verdict est attendu avec impatience par les observateurs internationaux.



