Procès historique à Aire-sur-l'Adour pour des viols commis il y a 30 ans sur une enfant
Procès pour viols sur enfant il y a 30 ans à Aire-sur-l'Adour

Un procès historique pour des violences sexuelles commises il y a plus de trente ans

À Aire-sur-l'Adour, une affaire judiciaire particulièrement douloureuse refait surface après des décennies de silence. Un homme d'une quarantaine d'années comparaît devant la cour d'assises des mineurs des Landes pour des viols commis sur sa jeune voisine entre 1994 et 1996. À l'époque des faits, la victime n'avait que 8 à 10 ans tandis que l'accusé en avait 15 à 17 ans.

Des abus répétés dans un contexte de confiance familiale

L'affaire aurait pu rester à jamais dans l'ombre sans le courage de la victime qui a finalement décidé de briser le silence. Durant plusieurs années, l'homme aurait abusé à de multiples reprises de sa jeune voisine, profitant habilement de la relation de confiance établie entre leurs familles respectives. Ces actes graves ont été totalement occultés par la victime pendant de longues années, comme l'explique son avocate, Me Valérie Boillot.

Ce n'est que des années plus tard, alors qu'elle avait dépassé la trentaine et était devenue mère de famille, que ces souvenirs traumatisants ont refait surface dans sa mémoire. « Elle a présenté des souvenirs extrêmement précis des événements », confie son conseil, « avec des détails concrets concernant les lieux et les circonstances des faits ».

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Une plainte déposée en 2020 après des années de silence

La victime a finalement déposé plainte en 2020, bénéficiant pour ces faits d'un délai de prescription de vingt ans à compter de sa majorité. Cette procédure judiciaire tardive soulève des questions complexes pour les jurés de la cour d'assises des mineurs, notamment en raison de l'absence de preuves matérielles directes après tant d'années.

L'accusé, quant à lui, reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Selon son avocat, Me Julien Chauvin, l'homme vivait lui aussi avec un profond sentiment de culpabilité depuis toutes ces années. « Il n'a pas d'autre choix que d'assumer ce qu'il a fait », explique son conseil, tout en précisant que son client ne conserve que des souvenirs très fragmentaires des événements.

Un procès à huis clos pour protéger les parties

L'homme, dont le casier judiciaire est vierge de toute condamnation, encourt jusqu'à dix ans de réclusion criminelle. Sa victime, de son côté, espère que ce procès lui permettra enfin de « tourner la page » sur ce chapitre douloureux de sa vie.

« Elle a réussi à avancer malgré tout, à fonder une famille, mais cela a été extrêmement difficile pour elle de se confronter à ces souvenirs », souligne Me Valérie Boillot. Aujourd'hui, la mère de famille se porte bien et souhaite ardemment ne pas être réduite à son statut de victime.

Le procès, qui se déroule les 19 et 20 mars 2026, devrait se tenir à huis clos afin de préserver l'intimité et la dignité des personnes concernées. Cette affaire met en lumière les défis particuliers des procédures judiciaires pour des crimes commis il y a plusieurs décennies, ainsi que le long chemin de reconstruction des victimes de violences sexuelles.

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