Procès des agresseurs de Mirzali : déni, enfumage et élucubrations
Procès Mirzali : déni, enfumage et élucubrations

Procès des agresseurs de l'opposant azerbaïdjanais Mahammad Mirzali : des accusés entre déni, enfumage et élucubrations

Le tribunal correctionnel de Paris examine depuis ce lundi 26 mai 2025 les circonstances de l'agression subie par Mahammad Mirzali, figure de l'opposition azerbaïdjanaise en exil. Cinq hommes sont jugés pour avoir participé à une expédition punitive qui a failli coûter la vie à ce militant des droits de l'homme, le 16 mars 2024, dans le 15e arrondissement de la capitale.

Des accusations graves mais contestées

Les faits sont d'une violence rare : ce soir-là, alors que Mahammad Mirzali rentrait chez lui, il a été roué de coups par un groupe d'individus cagoulés. Frappé à la tête avec une barre de fer, il a subi un traumatisme crânien et une fracture du crâne. Son pronostic vital a été engagé pendant plusieurs jours. Les enquêteurs ont rapidement soupçonné une commande politique venue de Bakou, le régime autoritaire d'Ilham Aliyev étant connu pour traquer ses opposants jusqu'en Europe. Mais les accusés, tous de nationalité française ou résidant en France, nient toute implication politique.

Lors de l'audience, les prévenus ont adopté une stratégie de défense pour le moins surprenante. Ils évoquent un "différend privé" avec la victime, sans donner plus de détails. L'un d'eux a même avancé que Mirzali aurait lui-même organisé son agression pour attirer l'attention sur sa cause. Une théorie qualifiée d'"élucubration" par la partie civile. Les avocats de la défense, quant à eux, tentent de jeter le doute sur la fiabilité des témoignages et des preuves matérielles, notamment les images de vidéosurveillance.

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Un procès sous haute tension

L'audience se déroule dans un climat tendu. Plusieurs associations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International et la Ligue des droits de l'homme, se sont portées parties civiles. Elles dénoncent un "déni de justice" et craignent que les véritables commanditaires ne soient jamais identifiés. De son côté, l'ambassade d'Azerbaïdjan à Paris a démenti toute implication, qualifiant le procès de "mise en scène politique".

Les débats doivent se poursuivre jusqu'au 6 juin. Le tribunal devra déterminer si les accusés ont agi de leur propre chef ou sur ordre. En attendant, Mahammad Mirzali, qui vit sous protection policière, a déclaré : "Je ne cherche pas la vengeance, mais la vérité. Ce procès est un test pour la justice française face à l'ingérence étrangère."

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