Au procès du financement libyen, le face-à-face inattendu entre Claude Guéant et Nicolas Sarkozy
Le procès du financement libyen de la campagne de 2007 a réservé une scène pour le moins surprenante ce lundi 28 avril 2025. L'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, a croisé le fer avec son ancien mentor. Accusé de parjure, l'ex-président a vu son ancien secrétaire général de l'Élysée retourner sa veste, dénonçant un système de financement occulte orchestré par le régime de Mouammar Kadhafi.
Claude Guéant, 80 ans, a livré un témoignage accablant. Selon lui, Nicolas Sarkozy était parfaitement informé des flux financiers en provenance de Libye. Il affirme que l'ancien chef de l'État a menti sous serment en niant toute connaissance de ces arrangements. « Il savait tout, il a tout organisé », a lancé Guéant à la barre, provoquant des remous dans la salle d'audience.
De son côté, Nicolas Sarkozy, 70 ans, a fermement démenti ces accusations. Il a qualifié les déclarations de son ancien collaborateur de « mensonges éhontés » et a dénoncé une tentative de se dédouaner à ses dépens. L'ancien président a rappelé qu'il n'avait jamais été condamné pour ces faits et que les preuves avancées par l'accusation étaient fragiles.
Le procès, qui doit durer plusieurs semaines, met en lumière les relations complexes au sein du pouvoir sarkozyste. Les magistrats cherchent à démêler les responsabilités dans ce que certains appellent « le plus grand scandale de la Ve République ». Les audiences sont suivies avec attention, tant par les médias que par le monde politique.
Les avocats de la défense ont tenté de discréditer le témoignage de Guéant, le présentant comme un homme aigri par sa mise à l'écart après 2012. Mais pour l'accusation, les éléments concordent : des documents saisis, des témoignages d'intermédiaires et des transferts d'argent suspects. L'issue de ce procès pourrait rebattre les cartes judiciaires et politiques.
L'audience a été marquée par des échanges vifs. Sarkozy a accusé Guéant de « trahison », tandis que ce dernier maintenait ses déclarations avec calme. Le procès se poursuit, avec d'autres témoins clés attendus dans les jours à venir.



