Procès du double homicide de l'hôtel F1 : tensions et incidents à la cour d'assises d'Aix-en-Provence
Procès F1 Marseille : tensions et incidents à Aix-en-Provence

Un procès sous haute tension à Aix-en-Provence

Ce jeudi, la cour d'assises d'Aix-en-Provence a de nouveau été le théâtre d'incidents lors du procès du double homicide survenu en 2019 à l'hôtel F1 de Plan-de-Campagne, près de Marseille. Me Julien Biot, avocat d'Adrien Faure, l'un des accusés, s'est dressé devant la cour pour exprimer son mécontentement. La journée de débats s'est une nouvelle fois terminée dans la confusion, une habitude depuis le début de cette affaire jugée sous haute sécurité.

La défense dénonce des irrégularités

L'audience a basculé lorsque la présidente a conclu l'audition de la capitaine de police sans que toute la défense ait pu poser toutes ses questions. « J'estime que c'est une honte », a lancé Me Karim Morand-Lahouazi, l'un des avocats de Karim Harrat, surnommé le « Rant ». Les accusés ont également fait part de leur frustration. Gabriel Ory, dit « Gaby », a déploré : « Nos vies sont en jeu, on ne peut pas s'exprimer, notre défense ne peut pas s'exprimer ». Amine Oualane, alias « Mamine », assis à ses côtés, a dénoncé : « Vous voulez juste nous condamner pour faire plaisir à la France ». Les deux hommes sont soupçonnés d'être devenus des membres importants de la DZ Mafia.

Retour des accusés après plusieurs jours d'absence

La journée avait pourtant débuté sous de meilleurs auspices. Les cinq accusés et leurs conseils étaient de retour devant la cour après plusieurs jours d'absence. En cause, le départ précipité de la capitaine de police mercredi dernier, sans avoir terminé son audition. La policière n'avait pas prévenu le tribunal avant de faire parvenir un arrêt de travail. En réaction, la défense avait refusé de comparaître jusqu'au retour du témoin, ce jeudi.

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L'enquêtrice, qui s'était excusée pour son départ, a été entendue en visioconférence. Durant de longues heures, elle a fait face aux questions des avocats d'Adrien Faure, Zaineddine Ahamada, Gabriel Ory et Amine Oualane, revenant sur différents points de l'enquête concernant la mort de Farid Tir et Mohamed Amine Bendjaghlouli, abattus le 30 août 2019 dans un contexte de narcotrafic.

Les avocats démontent les éléments à charge

Tour à tour, les avocats de la défense se sont succédé à la barre pour contester les éléments retenus contre leurs clients. Parmi les points soulevés :

  • La morphologie des suspects jugée « sujette à caution »
  • Les vidéos de surveillance de l'hôtel saisies 48 heures après les faits
  • La téléphonie « qui a volé en éclat »

Des moments de flottements ont ponctué les débats. Notamment lorsque Me Inès Medioune, avocate d'Amine Oualane, a pointé la retranscription erronée d'un procès-verbal de sonorisation de la cellule de son client. « Bip le Rant » était en réalité « Bip le gros », selon l'avocate.

L'ombre de l'informateur « Tatoo »

Avec ironie, Amine Oualane s'est caché les yeux avec les mains, réagissant à une énième hésitation de l'enquêtrice. Cette dernière a peiné à expliquer certains éléments du dossier. « Je n'ai pas fait la téléphonie », s'est-elle défendue à plusieurs reprises avant d'ajouter : « Apparemment, le dossier repose sur mes épaules, donc il faut bien que je réponde ».

Les avocats ont concentré leurs attaques sur le rôle de Driss Oualane, alias « Tatoo », l'informateur dans ce dossier dont ils pointent le comportement suspect. En creux, ils accusent les enquêteurs d'avoir uniquement travaillé l'hypothèse fournie par ce « trafiquant de drogue et d'armes », comme l'a rappelé Me Christine D'Arrigo, avocate de Gabriel Ory. « Driss Oualane a été traité comme un suspect potentiel », s'est défendue l'enquêtrice.

L'audience doit reprendre mardi prochain, trente minutes plus tôt. Le planning reste chargé pour aboutir à un verdict prévu le 10 avril prochain, dans une atmosphère toujours aussi tendue.

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