Procès de la DZ Mafia à Aix-en-Provence : la défense quitte l'audience après des refus de la cour
Procès DZ Mafia : la défense quitte l'audience à Aix-en-Provence

Procès de la DZ Mafia : une audience tourne au chaos à Aix-en-Provence

Le procès des meneurs présumés du cartel marseillais a connu de vives perturbations ce jeudi 26 mars à la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. La journée a été marquée par le départ des avocats de la défense et le refus des six accusés de comparaître, créant une situation inédite dans cette affaire criminelle.

Une bataille procédurale intense

Tout a commencé avec l'absence d'une capitaine de police qui, mercredi, avait quitté le palais de justice sans prévenir avant la fin de sa déposition. Cette officier de police judiciaire, convoquée pour rapporter une partie de l'enquête dont elle avait eu la charge, avait répondu aux questions de l'accusation et à celles de deux avocats avant de s'éclipser lors d'une interruption d'audience.

Les avocats de la défense ont immédiatement dénoncé une entorse au procès équitable et une rupture dans l'égalité des armes. Ils ont multiplié les demandes de comparution forcée de la policière, arguant que son absence privait une partie de la défense de la possibilité de l'interroger.

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Les demandes de la défense rejetées

La cour, ayant reçu jeudi matin un arrêt de travail de l'enquêtrice jusqu'au 1er avril, a décidé de surseoir à statuer jusqu'au 2 avril pour ordonner ou non sa comparution forcée. Cependant, elle a rejeté la demande de renvoi du procès.

Face à ce refus, la défense a réclamé la suspension des débats jusqu'au 2 avril. Me Raphaël Chiche a lancé : Vous nous emmenez gentiment en balade en nous donnant un hypothétique rendez-vous le 2 avril, appelant à ce que le cirque s'arrête.

La cour a une nouvelle fois rejeté cette demande, au motif que la loi ne permet pas la suspension des débats pour l'indisponibilité médicale d'un témoin.

Le départ des avocats et la révolte des accusés

Immédiatement après ce dernier refus, les avocats ont quitté la barre. Privés de leurs défenseurs, les accusés se sont rapidement enflammés dans leur box.

Zaineddine Ahamada a dénoncé : C'est une pièce de théâtre, faut arrêter. Amine Oualane, également suspecté d'être un ponte de la DZ Mafia, a déploré : Ce sera un procès bidon alors qu'on est venu de bonne foi, estimant que la cour avait reçu l'ordre de nous taper dessus.

La présidente l'ayant appelé à la mesure, Amine Oualane a haussé le ton : Je suis un citoyen comme vous, on dirait que je suis un chien. Il a ensuite quitté le box en promettant de ne plus comparaître jusqu'au 2 avril, comme ses coaccusés.

Les réactions des principaux acteurs

Gabriel Ory, cofondateur présumé du cartel marseillais, s'est défendu d'en être un des patrons : On m'accuse d'être un cadre de la DZ Mafia alors que je ne le suis pas. Il a ajouté : C'est une mascarade. Six ans que j'attends de me défendre et je me retrouve dans un sketch.

Du côté de l'accusation, les deux avocates générales ont regretté ce départ des avocats et le refus de comparaître des accusés, l'estimant dommageable pour ces derniers. L'une d'elles a pronostiqué : La défense reviendra le 2 avril et, je n'en doute pas, nous aurons de nouveau une défense de rupture.

La suite du procès

Le procès va donc se poursuivre avec l'audition des témoins, dont le directeur vendredi, devant un box et des bancs de la défense dépeuplés. Les accusés recevront chaque matin un huissier qui leur fera sommation à comparaître, et le soir la greffière descendra dans les geôles leur faire le rapport sur l'audience du jour.

Cette situation exceptionnelle met en lumière les tensions procédurales qui peuvent survenir dans les procès criminels complexes, particulièrement lorsqu'il s'agit d'affaires liées au trafic de stupéfiants et aux organisations criminelles structurées.

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