Procès de Duane Davis pour le meurtre de Tupac Shakur : ce qu'il faut savoir
Procès de Duane Davis pour le meurtre de Tupac : enjeux

Le procès de Duane « Keffe D » Davis, l'ancien chef de gang accusé d'avoir orchestré le meurtre de Tupac Shakur, s'ouvre ce lundi 10 août à Las Vegas. L'audience, qui devrait durer près d'un mois, trente ans après la mort du célèbre rappeur californien, pourrait aboutir à une condamnation à la prison à perpétuité incompressible pour l'accusé, âgé de 63 ans.

Un cold case parmi les plus célèbres des États-Unis

Le meurtre de Tupac Shakur, survenu dans la nuit du 7 septembre 1996, reste l'un des « cold cases » les plus médiatisés des États-Unis, alimentant d'interminables débats parmi les fans de musique. Mort à 25 ans, « 2Pac » était une figure emblématique de la rivalité entre les scènes rap de la côte ouest et de la côte est. Avec des tubes comme « California Love » et « All Eyez on Me », ce fils d'une membre des Black Panthers incarnait le mauvais garçon de la « West Coast ».

Le procès promet de replonger dans les guerres d'ego entre son label Death Row Records, fondé par Marion « Suge » Knight, et Bad Boy Records, créé sur la côte Est par Sean « P. Diddy » Combs, où officiait Christopher « The Notorious BIG » Wallace, lui-même tué six mois après Tupac.

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L'accusation : une vengeance orchestrée par Davis

Selon l'accusation, Death Row Records était protégé par le gang Mob Piru, dont Suge Knight était membre, tandis que Bad Boy Records avait engagé les South Side Compton Crips, dirigés par Duane Davis, pour sa protection. Après le combat de Mike Tyson au casino MGM Grand, Suge et Tupac ont tabassé le neveu de Davis, Orlando « Baby Lane » Anderson, pour avoir arraché un médaillon à un employé de Death Row. Davis aurait alors organisé une vengeance.

Les débats n'élucideront probablement pas qui a tiré sur la légende du rap, mais l'accusation espère démontrer que Davis a commandité le meurtre et fourni l'arme du crime. Le procès devrait durer quatre semaines, dont la première sera consacrée à la sélection des jurés.

Des aveux compromettants dans ses mémoires

L'enquête a piétiné pendant des décennies, avant d'être relancée par la publication en 2019 des mémoires de Duane Davis. Il y raconte qu'il était à l'avant de la Cadillac blanche d'où ont été tirées les balles fatales, et qu'il a fait passer un pistolet vers la banquette arrière, sans jamais dire qui a tiré. Tous les passagers du véhicule sont morts depuis. Ces déclarations, cohérentes avec des entretiens précédents, ont conduit à son arrestation en septembre 2023.

Mais l'ex-chef de gang nie désormais ces aveux et plaide non coupable. « Je suis innocent. Je n'ai jamais tué personne », a-t-il assuré en mars 2025 à ABC News. « Ils n'ont aucune preuve contre moi. Ils ne peuvent même pas me placer à Las Vegas. » Il affirme qu'il se trouvait à Los Angeles le soir du crime et que ses mémoires ont été romancés par son co-auteur pour des raisons commerciales. « Je lui ai juste donné des détails sur ma vie », a-t-il avancé. « Et lui, il est allé faire sa petite enquête et il a écrit le livre tout seul. »

Un procès aux conclusions incertaines

Avant le procès, ses avocats ont tenté en vain d'empêcher l'utilisation de ses mémoires et d'un interrogatoire de police de 2008 comme éléments à charge. Quel que soit le verdict, il est peu probable qu'il satisfasse les proches de Tupac Shakur. En mai, son demi-frère a déposé une plainte au civil, estimant qu'« il reste des individus impliqués dans le meurtre de Tupac qui, depuis 30 ans, n'ont pas été tenus responsables de leurs crimes ». La plainte mentionne notamment la mini-série documentaire « Sean Combs : L'heure des comptes », où Davis assure que P. Diddy lui aurait offert un million de dollars pour assassiner Tupac.

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