Monaco à l'ONU : Mirmand défend droit et multilatéralisme
Monaco à l'ONU : Mirmand défend droit et multilatéralisme

Le ministre d'État de Monaco, Christophe Mirmand, a porté la voix du prince Albert II à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, ce vendredi 25 septembre 2026. Il a fermement réaffirmé les positions de la Principauté sur les conflits internationaux, l'urgence climatique, l'intelligence artificielle et la réforme de l'ONU, dans un contexte de contestation de l'efficacité de l'organisation.

Un contexte mondial sous tension

Le débat général de la 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU, qui se tient jusqu'à ce lundi 28 septembre, est particulièrement scruté. L'efficacité de l'ONU est vivement contestée, notamment par les États-Unis de Donald Trump ainsi que par les présidents du Brésil et de l'Argentine. Une période de transition s'amorce avec la fin du second mandat d'António Guterres. Le thème choisi pour cette session est « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous ». Les prises de parole ont principalement porté sur les crises internationales (Ukraine/Russie, Moyen-Orient, Israël/Palestine), l'urgence climatique et l'intelligence artificielle.

Christophe Mirmand est intervenu après le Premier ministre libanais, portant la voix du prince Albert II. Il a rappelé des positions soutenues toute l'année par la Mission permanente de Monaco auprès des Nations Unies, dirigée par Isabelle Picco.

Le multilatéralisme et le droit international en étendard

Comme Emmanuel Macron trois jours plus tôt, le chef du gouvernement princier a prôné la défense du droit international et du multilatéralisme. « Aucun État, si puissant soit-il, ne peut seul préserver la paix ni répondre au péril planétaire, a-t-il déclaré. Lorsque la force prétend faire le droit, ce sont les plus petits qui sont les premiers menacés. Lorsque le droit encadre la force, l'humanité tout entière est protégée. »

Sur le dossier de l'Ukraine, Christophe Mirmand a condamné à nouveau « la guerre d'agression » menée par la Russie, contre qui des « mesures restrictives » ont été adoptées dans la lignée de celles prises par l'Union européenne. De l'aide humanitaire a été apportée en Ukraine et des réfugiés ont été accueillis en Principauté. « Notre soutien est indéfectible et il le demeurera. Monaco ne reconnaîtra aucune annexion de territoire obtenue par la force. Y renoncer pour un seul État reviendrait à l'abandonner pour tous », a-t-il martelé.

Au Proche-Orient, la Principauté plaide à nouveau pour une solution à deux États, Israël et Palestine, vivant en paix au sein de frontières sûres et reconnues. « Toute politique qui éloigne cet horizon, la colonisation comme la terreur, éloigne la paix ». Tout en condamnant les actes de terreur du 7 octobre 2023, Christophe Mirmand a dénoncé les violences à Gaza et dans les territoires occupés de Cisjordanie. Monaco espère aussi une « désescalade » au Liban et dans le golfe arabo-persique, en Iran.

Réforme de l'ONU et succession à la tête de l'organisation

Favorable à une réforme de l'ONU, avec les moyens nécessaires à sa restructuration, la Principauté prêche même pour davantage au regard des mutations futures à affronter. « Monaco appelle de ses vœux de véritables états généraux pour repenser à compter de 2030 l'architecture de notre système, en y associant les secteurs public et privé, la société civile et les pôles éducatifs et culturels », a-t-il déclaré. Monaco soutient aussi une réforme du Conseil de sécurité (5 membres permanents, 10 non-permanents), « qui le rende plus représentatif du monde, de ses réalités, tout en préservant sa capacité d'agir ».

Quant à la succession au poste de Secrétaire général, sept candidats (4 femmes, 3 hommes) prétendent à succéder à António Guterres. Une compétition dans laquelle Donald Trump entend bien s'immiscer. « Monaco plaide pour un processus transparent, inclusif et exigeant. Après 80 ans, la Principauté forme le vœu que les candidatures de femmes soient sérieusement considérées. L'organisation s'honorerait de démontrer à son sommet l'égalité qu'elle proclame », a défendu Christophe Mirmand.

Climat, océans et intelligence artificielle

Le discours de Christophe Mirmand a aussi été l'occasion d'aborder la préservation du climat, cheval de bataille du prince Albert II et de la Principauté. Le ministre d'État a salué l'entrée en vigueur de l'accord sur la biodiversité marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale, un texte que Monaco a été parmi les premiers à signer et ratifier. « Une victoire du droit sur l'appropriation, de la coopération, sur la prédation. Il nous appartient de transformer ces engagements en actes : protéger 30 % de l'océan d'ici à 2030, conclure enfin un instrument ambitieux et contraignant contre les pollutions plastiques, et observer la plus grande précaution à l'égard de l'exploitation minière des grands fonds marins », a-t-il développé.

Monaco a réaffirmé ses engagements pour le climat : réduction de 67,6 % de ses émissions d'ici à 2035, neutralité carbone en 2050. Christophe Mirmand a rappelé que les États, seuls, « ne peuvent plus tout porter », et que les entreprises et la société civile ont plus que jamais leur rôle à jouer. Durant son séjour à New York, le ministre d'État a aussi pris la parole lors d'une réunion de haut niveau, dédiée aux menaces existentielles liées à la montée des eaux. Celle-ci a ensuite donné lieu à l'adoption d'une déclaration politique des Nations unies.

À la tribune de l'ONU, Christophe Mirmand a soutenu « la mise en œuvre du Pacte numérique mondial et l'émergence d'un cadre normatif international de l'intelligence artificielle, fondé sur le droit et des principes éthiques partagés, respectueux des droits de l'homme et accessibles à tous les États » et appelé à « une coopération renforcée face aux cybermenaces et à des transitions inclusives, entre les États comme au sein de nos sociétés ».

Des rendez-vous bilatéraux à New York

Christophe Mirmand a, par ailleurs, assisté à deux rencontres bilatérales avec le Rwanda et la Mauritanie. Il a, enfin, participé à une réunion de haut niveau des petits États d'Europe, lesquels se retrouveront à Monaco, en mai 2027, pour les Jeux des petits États d'Europe.