Le procès du meurtre du rugbyman Aramburú s'ouvre à Paris
Deux militants d'extrême droite, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, comparaîtront devant la cour d'assises de Paris du 7 au 25 septembre pour assassinat et tentative d'assassinat. Ils sont accusés d'avoir tué par balle le rugbyman Federico Martín Aramburú dans la nuit du 19 mars 2022, après une altercation sur une terrasse parisienne.
Une rumeur raciste rapidement démentie
Dès le lendemain du drame, une rumeur a circulé évoquant des propos racistes tenus par les accusés contre un étranger demandant une cigarette, ce qui aurait provoqué la colère des rugbymen. L'enquête judiciaire a catégoriquement écarté cette piste. Me Xavier Nogueras, avocat de Loïk Le Priol, affirme : « Juridiquement, il n'y a rien qui prouve qu'il s'agissait d'un crime idéologique ou politique. Il n'a jamais été question de mobile raciste ».
Les avocats de la partie civile, Mes Yann Le Bras et Christophe Cariou-Martin, confirment que le caractère raciste n'a jamais été retenu comme circonstance aggravante et que cet épisode n'apparaît pas dans le dossier d'instruction.
L'escalade d'une altercation en terrasse
Tout a commencé au bar Le Mabillon, peu avant 6 heures du matin, où les deux tables se trouvaient initialement dans une ambiance cordiale. Le ton a monté lors d'un échange de cigarettes entre la table de Le Priol et d'autres clients. Shaun Hegarty, ami d'Aramburú, aurait alors demandé à Romain Bouvier de « laisser les gens tranquilles ».
L'attention des militants s'est alors portée sur les rugbymen. Un échange chargé d'identité a suivi : « Vous venez d'où, vous ? » a lancé Loïk Le Priol. Après les réponses fières des deux sportifs, évoquant leurs origines basques, néo-zélandaises et argentines, les militants ont rétorqué : « On est d'ici, nous », en montrant le sol.
De l'humiliation à la traque mortelle
La tension a brutalement escaladé lorsque Loïk Le Priol s'est levé pour menacer Shaun Hegarty, lui demandant s'il avait « envie de se taper avec un commando des forces spéciales ». Hegarty a préféré partir, mais Federico Martín Aramburú, ne supportant pas cette attitude, a empoigné la capuche de Le Priol en quittant les lieux, le faisant tomber de sa chaise.
Humilié, Le Priol s'est immédiatement jeté sur le rugbyman, déclenchant une bagarre générale. Séparés par les vigiles, les rugbymen sont partis. Armés, les deux militants se sont alors lancés dans une traque dans les rues de Paris, aboutissant au meurtre par balle d'Aramburú.
Un crime prémédité aux relents idéologiques
Me Yann Le Bras résume : « Ce n'est pas un crime raciste, c'est un crime prémédité, commis par des personnes avec des idées fascistes ». Le procès devra donc démêler les motivations profondes de cet acte, où les convictions d'extrême droite des accusés semblent avoir joué un rôle central dans l'enchaînement des événements, même si la qualification raciste n'a pas été retenue par la justice.



