Condamnation ferme pour injures et menaces en ligne contre un élu girondin
Ce lundi 23 février, le tribunal judiciaire de Libourne a rendu un verdict sévère à l'encontre d'un homme de 44 ans jugé pour des faits d'injures publiques et de menaces envers le maire de Castillon-la-Bataille, Jacques Breillat. L'individu a été condamné à huit mois de prison, avec une révocation partielle d'un précédent sursis, portant sa peine totale à onze mois de détention.
Des propos d'une extrême violence publiés sur Facebook
Les faits remontent aux 16 et 17 février, en pleine période préélectorale. L'homme a publié des messages d'une rare violence sous une publication de la candidate RN Sandrine Chadourne sur Facebook. Les propos mêlaient insultes, attaques racistes et menaces explicites, notamment « Je vais te démonter » et « Les silures ont faim ».
À l'audience, le prévenu a reconnu être l'auteur des messages, qu'il a qualifiés de « conneries ». Il a invoqué l'alcool et la colère, expliquant qu'il était « complètement bourré » le soir de son anniversaire. L'homme a également reconnu souffrir d'alcoolisme chronique et a tenu le maire pour responsable de son licenciement d'une entreprise d'insertion locale, parlant d'« une vengeance ».
Un contexte de récidive aggravante
Le tribunal a souligné le caractère inadmissible des propos, notant que le prévenu était en état de récidive légale. Il avait déjà été condamné en octobre 2023 pour des menaces proférées à l'encontre du même maire. Le président du tribunal a insisté sur l'atteinte portée à un élu « qui consacre une partie de sa vie au service de ses concitoyens ».
Les parties civiles, l'Association des maires de Gironde et l'Association des maires ruraux de France, ont dénoncé une « calamité démocratique ». Elles ont rappelé que les menaces contre les élus alimentent la peur et fragilisent les équipes municipales. L'avocate du maire a insisté sur le fait que c'est la fonction qui est visée, et que la diffusion sur les réseaux sociaux démultiplie l'impact et le préjudice moral.
Une réponse judiciaire ferme et adaptée
Le ministère public avait requis huit mois de prison aménagés, assortis de la révocation partielle du précédent sursis. Le tribunal a suivi cette requête en requalifiant une partie des faits en outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. La peine de huit mois de prison est assortie de la révocation de trois mois d'un précédent sursis.
La peine sera aménagée en placement extérieur au Lien, une association d'hébergement libournaise, avec exécution provisoire. Elle comprend également une obligation de soins et une interdiction de contact avec la victime. Cette décision vise à répondre fermement à la récidive tout en tenant compte des problèmes d'alcoolisme du condamné.



